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contrechamp / ACTUALITÉS

Tous pour un, chacun pour soi

“À l’évidence, le respect des échéances électorales fait partie du socle de nos valeurs démocratiques, et constitue, pour chacun et pour tous, une grande visibilité politique. Maintenant que certains tentent de servir à l’opinion publique leurs spéculations, qu’ils présentent comme des certitudes, à l’exemple du report de l’élection présidentielle, cela fait partie d’une stratégie de la confusion, et ne constitue qu’un médiocre marketing qui traduit un manque flagrant de confiance en soi.”
C’est en ces termes qu’El Moudjahid a expédié, dans son édition de jeudi passé, la question du report de l’élection présidentielle. L’assertion du journal gouvernemental prend des allures de mise au point quand on sait que l’alliance de soutien au président Bouteflika n’est plus unanime à envisager l’unique option d’un 5e mandat. Une seule raison possible à ce début de doute : parce que l’état de santé du Président l’empêche d’avoir des contacts avec ses alliés politiques, ceux-ci en sont réduits à jauger ses dispositions, comme le fait l’opinion générale, à l’aune de son activité diplomatique et protocolaire. Et là, la cadence n’est pas très rassurante, surtout depuis cette “grippe aiguë” qui l’a empêché de recevoir le prince héritier d’Arabie saoudite et contraint à reporter la visite de la présidente d’Estonie.
Or, l’homogénéité du pouvoir apparent — constitué des partis du pouvoir et d’une multitude atomisée de “partis de soutien” — repose sur la convergence de leur appui à un même Président. Tous ne partagent qu’une communauté d’ancrage tactique à une même source d’autorité. Parce que chacun d’eux n’a que le choix de l’obédience ou de l’exclusion. De leur part, même l’acte de candidature en compétition avec Bouteflika, dans un scrutin pourtant à deux tours, n’est pas concevable. Ils sont condamnés à attendre sa fin de règne pour pouvoir envisager leur simple candidature. C’est pour cela qu’il n’y a pas que dans l’opposition que le 5e mandat dérange.
Si la référence qui unifie les forces alliées au pouvoir, c’est-à-dire la présidence Bouteflika, cesse d’opérer, la solidarité de contrainte qu’elle imposait cesse d’exister. Et, excepté le FLN, dont jusqu’ici c’est la fonction “systémique” d’“héberger” politiquement les chefs d’État qu’il n’a jamais organiquement choisis, chaque force alliée a son ambition. Et donc son propre plan B, alternative à un éventuel renoncement ou empêchement du 5e mandat.
Bien sûr, l’intervention de forces politiques non apparentes, mais réelles, et qui n’ont pas la forme partisane, pourrait étouffer ces ambitions et ajourner encore leur manifestation.
Si le Président ne pense pas à un plan B, il se pourrait que d’autres, sinon tout le monde, autour de lui, y pensent. On l’aura remarqué, dans la problématique de succession-continuité, l’opposition n’entre point en ligne de compte : c’est une question intime au pouvoir.
Et pour l’heure, le cap, c’est bien le 5e mandat. Mais, dans le pouvoir, chacun avance vers l’échéance muni de sa stratégie de rechange.


M. H


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