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contrechamp / ACTUALITÉS

Transition démocratique et répression

Peu à peu, la question politique cède la place à une atmosphère de tout-répressif. La traque des militants et manifestants gagne en intensité. Et, entre deux vendredis, l’activité judiciaire liée au hirak se fait de plus en plus soutenue. Dans la capitale, en particulier.
Tout se passe comme si, du point de vue du pouvoir, la phase d’accommodement avec le mouvement populaire est close. Désormais, toute expression citoyenne qui ne viendrait pas conforter la feuille de route officielle est inscrite au registre de la “subversion”.
Pour lui, le processus de conciliation entre sa vision de la “sortie de crise” et l’option de transition qu’exprime encore la rue a abouti. Le “dialogue” conduit par le panel est supposé avoir débouché sur une solution de synthèse et que l’instance de supervision des élections ainsi créée a commencé à mettre en œuvre. Il reste donc à l’autorité publique d’imposer l’ordre nécessaire au bon déroulement du processus électoral.
Pour pouvoir appliquer un traitement policier et judiciaire à un fait politique, les autorités ont dû déclasser le mouvement populaire de revendication et l’accabler du statut d’activité subversive. Il ne leur reste qu’à poursuivre le processus politique, un processus électoral en l’occurrence, tout en réprimant, en parallèle, la protestation citoyenne contre la solution électorale et la revendication d’un cheminement de rupture systémique.
Or, à deux mois de l’échéance, une atmosphère lourde, marquée par des arrestations et des incarcérations compulsives, prend le pas sur quelque sensation de précampagne électorale. Ainsi, c’est dans une totale discrétion que les opérations de révision des listes électorales et d’installation de commissions électorales locales se sont déroulées. Et on ne sait avec quel niveau de réussite. De leur côté, les aspirants candidats ne font rien pour contribuer à l’animation de l’avant-campagne, un peu comme s’ils ne voyaient pas leur intérêt à orienter l’attention des électeurs potentiels vers l’événement électoral virtuel et à susciter leur engouement pour cette perspective. La raison de cette retenue est, d’abord, dans le fait qu’ils attendent du pouvoir qu’il leur résolve, seul, le problème de l’opposition populaire au vote ; ils estiment peut-être que leur candidature est déjà une contribution au triomphe de l’option officielle. Ensuite, s’agissant de candidats pour la plupart issus du régime en place, ils savent qu’ils sont loin de constituer en eux-mêmes des arguments de validation du choix électoral.
Si la gestion répressive continue à se substituer à la gestion politique du mouvement citoyen, la tension qui marque l’espace public va augmenter. Celle-ci déterminera, de plus en plus fortement, la représentation médiatique de la situation nationale. On ne peut se prévaloir de forcer la marche vers une prétendue démocratie pour justifier une pratique intensive de la répression. 
L’orientation répressive actuelle, en plus de révéler la nature autoritaire du régime, le dessert dans sa stratégie de passage en force. Elle augmentera le déficit de légitimité déjà patent  des institutions issues de sa pratique 
électorale. 
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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