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contrechamp / ACTUALITÉS

Transition économique et rupture politique

Le président qu’on veut élire le 12 décembre n’aura pas d’urgences législatives à affronter. Il trouvera, toutes prêtes, une loi sur les hydrocarbures qui lui indiquera l’origine des ressources et une loi de finances qui lui indiquera la manière de les dépenser.
Nous avons glosé sur l’illégitimité, pour un pouvoir “intérimaire”, de légiférer dans des domaines comme l’énergie, pourvoyeuse quasi exclusive du budget de l’État, et le budget, instrument d’exécution du programme politique du gouvernement à venir. Mais le pouvoir semble sûr de la cohérence de sa démarche. Peut-être connaît-il déjà le programme de ce prochain gouvernement, voire celui du prochain président, surtout, sachant que, dans le régime encore en activité, le président est le chef unique de l’Exécutif formel.
Les cinq candidats sur la ligne de départ ne se soucient guère de ces questions stratégiques et programmatiques. Leur souci, pour l’heure, c’est de jurer leur distance avec… leur ancien régime. Cela devrait suffire à légitimer leur ambition.
En fait, si le projet de loi sur les hydrocarbures a suscité une telle controverse et de telles oppositions, y compris dans une Assemblée qui n’a pas la réputation d’une institution subversive, c’est parce que le subterfuge du fait accompli législatif est tellement flagrant et parce qu’il apparaît clairement que le pouvoir d’aujourd’hui compte influer sur la politique de demain.
Et cela, avec le seul objectif de continuer à tenir la société en main : dans cette perspective, le budget conserve sa fonction prioritairement sociale. Le ministre des Finances l’a rappelé hier : le gouvernement veut maintenir “la politique sociale de l’État pour préserver le pouvoir d’achat du citoyen”. Pour cela, il est contraint de se rabattre sur la fiscalité ordinaire du fait de la crise du marché pétrolier, mais il craint de trop taxer les revenus et les dépenses des ménages. D’un autre côté, il n’a pas de réelle économie à imposer !
Il compte alors sur le déficit et botte en touche : l’État veille à maintenir un certain niveau d’investissement à même de réaliser une croissance économique, assure Loukal ! Qu’est-ce que maintenir un niveau d’investissement… déjà très faible ? Il évoque “l’urgence d’une transition financière” aujourd’hui que le régime n’en a ni les moyens financiers ni les moyens… politiques !
Même l’abandon du “dogme du 51/49” restera sans effet ; les investisseurs étrangers ont d’autres raisons d’hésiter à placer leurs capitaux chez nous.
La “transition financière” suppose en fait une transition économique. Or, depuis vingt ans, le régime a littéralement réprimé l’initiative économique, préférant “arroser” des “familles” par la rente pour pouvoir décider de qui peut s’enrichir et qui ne le peut pas. Parallèlement, et par la manipulation de la même rente, il a maintenu de larges catégories dans un état d’assistanat social et de passivité politique. Ce régime n’a pas la crédibilité suffisante pour organiser une transition économique ; celle-ci exigeant une confiance des investisseurs en les dirigeants et des rapports nouveaux à l’État, au travail et à l’impôt de la part des citoyens. 
L’entrée dans un processus de développement économique exige aussi une rupture avec le système politique. 
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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