Scroll To Top
FLASH
  • Un observateur du candidat Abdelmadjid Tebboune est mort dans un bureau de vote à El Bayadh (source direction de campagne).
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Un scandale de plus ou de trop ?

Les changements opérés dans la haute hiérarchie de l’ANP n’étaient finalement pas motivés par la promotion du principe d’“alternance aux fonctions” prônée par Gaïd Salah.
Il s’agit bien de destitution visant en grande partie à mettre ces hauts gradés à la disposition de la justice. La première justification participe de la démarche habituelle du pouvoir consistant à réduire sa communication à sa portion congrue.
L’opinion publique et le citoyen sont alors contraints de s’en remettre à une information médiatique alimentée par les seules indiscrétions fuitant d’institutions culturellement poreuses. La présomption d’innocence ne justifie pas la black-out sur l’objet de l’instruction. Devant des faits présumés d’une telle gravité, gravité découlant de la qualité des inculpés plus que de l’ampleur de leurs forfaits présumés qu’on ignore pour l’heure, les Algériens s’attendent naturellement à prendre connaissance de ce qui leur arrive encore.
Nulle crainte de les heurter, quelle que soit l’ampleur suspectée de ce nouveau scandale : ils en ont vu d’autres. Il viendra s’ajouter à la série des affaires vedettes connues, aussitôt éclatées, aussitôt enterrées. Que reste-t-il comme leçons — ou comme traces — de l’affaire de l’autoroute Est-Ouest ou du feuilleton Sonatrach 1, 2, 3… ?
Pourquoi l’Algérien s’est accommodé de cette ambiance mafieuse ? D’abord, parce que la rapine fonde le système de pouvoir algérien. Elle en est la finalité et le combustible. En le voyant mettre régulièrement le pays en danger rien que pour se conserver, en le voyant compromettre son développement, son unité et parfois sa survie, pour se pérenniser, le peuple a compris la fonction prévaricatrice viagère de ce système. Il a aussi intégré le fait que les animateurs successifs de ce système sont prêts à toutes les répressions et à toutes les compromissions pour conserver le filon ; ils sont là pour le maintenir, pas pour le réformer.
L’aventurisme conservateur des clans a eu raison des aspirations réformatrices de la société. Et le découragement a gagné des générations entières d’Algériens. Les plus jeunes trouvent plus à espérer dans une hasardeuse “harga” que dans un chimérique
changement.
Ensuite, ce même peuple a été passablement imprégné de cette culture de l’avidité. Au cours des deux dernières décennies, la culture de la rapine s’est progressivement étalée du haut vers le bas de la hiérarchie sociopolitique, pénétrant profondément la société. Il y a comme une accoutumance morale de cette société à la corruption et aux différentes formes d’accaparement. On est si nombreux à ne pas répugner à notre propre corruption ; on est donc si nombreux à ne pas s’indigner de la corruption de nos puissants. Parce qu’entre les deux, il y a une différence quantitative, pas une différence
d’acabit.
Enfin, l’opinion publique, au demeurant déconsidérée dans le mode même de communication officielle, ne peut que douter d’une démarche judiciaire si le préalable de l’indépendance de la justice n’est pas établi. Tant que rien n’assure qu’elle n’a pas le droit à l’initiative judiciaire, les procès pour corruption et détournement auront toujours valeur de tests pour la justice elle-même plutôt que de moments de vérité.


M. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER