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contrechamp / ACTUALITÉS

Une question de système

Depuis quelque temps, l’Algérie dispose d’une Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), une instance montée par l’ex-Instance nationale de dialogue et de médiation (INDM). 

Ravis d’avoir abrégé, mais “accompli” quand même leur mission, les membres de l’INDM devaient être soulagés de pouvoir enfin passer la patate chaude à leurs “élus” de l’ANIE. Souvenez-vous, bien que bardés de références académiques, les superviseurs de l’instance n’ont même pas pris le temps de reprendre les fautes de frappe commises dans leur rapport !
Le fait est que l’Autorité en question est officiellement opérationnelle. Elle s’est d’abord investie dans la collecte des lettres d’intention de postulants à la candidature. Et on vient de dépasser le cap de la cinquantaine, ce qui n’est pas un signe de santé démocratique, puisque des loustics continuent à voir dans l’événement électoral une occasion de faire leurs petits numéros. En termes de démocratie électorale, on pourrait presque s’arrêter là, la question, pour les Algériens, étant de deviner parmi tous ces prétendants le candidat “choisi” par le pouvoir pour être “élu” par eux. Jusqu’ici, nous n’avons jamais eu de surprise. Pas même sur le score. Cette “transparence” antidémocratique dispensait d’ailleurs les Algériens d’aller voter, les autorités se chargeant aimablement de le faire à leur place.

L’Autorité électorale, qui est donc en passe de faire le plein de candidatures, vient d’entamer le cycle de révision des listes électorales. Mais en la matière, ce n’est pas vraiment l’ANIE qui opère ; c’est bien sûr l’administration qui, comme d’habitude, ouvre les guichets de ses services municipaux à qui veut bien vérifier son inscription sur la liste électorale de sa localité. Quant à la sincérité de cette liste, de son mode de révision et des méthodes de synthèses successives jusqu’au niveau national, l’instance indépendante n’a pas encore dévoilé les moyens de s’en assurer. 
à un mois et demi de l’hypothétique élection présidentielle, elle se fait discrète aux niveaux wilayal et local. De manière générale, elle n’a pas encore fait la démonstration de ses attributs d’indépendance, hormis les professions de foi que son président a émises à la suite de son installation. Or, le pouvoir a fait de cette indépendance dans la préparation, l’organisation et la supervision de l’opération électorale une garantie de crédibilité de la consultation du 12 décembre. Cette quête de crédit a valu la mise sur pied d’une instance de médiation qui a animé un “processus de dialogue”, celui-ci ayant inspiré deux projets de loi rédigés dans l’urgence et votés dans la même urgence. De fait, pour l’heure, le peuple manifestant se montre attaché à sa conviction que le passage de flambeau de l’ancien régime vers une autorité de transition démocratique constitue la véritable garantie d’une évolution démocratique du pays. 

L’absence de crédibilité démocratique réside en effet dans la persistance du régime. Et cela, ce n’est pas la création d’organes proclamés autonomes qui pourrait y remédier. C’est une question de rationalité politique, pas une question de crédit de personnes. Une question de système.


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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