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contrechamp / ACTUALITÉS

Yennayer, tamazight et l’état culturel du pays

Le secrétaire général du HCA a rappelé “la décision courageuse” du Président consacrant Yennayer journée chômée et payée.
L’initiative mérite d’être approuvée, d’abord pour ce qu’elle constitue : un jalon parmi d’autres, arrachés de haute lutte, dans le processus de réappropriation par les Algériens de leur histoire, de leur culture et de leur langue. C’est à ce sacrifice renouvelé, de génération en génération, que revient en priorité le mérite d’une telle avancée.
Quant au courage, il n’est pas certain que Bouteflika en ait tant eu besoin pour décider dans le contexte politique qu’il a su s’aménager. Ce n’est pas de la multitude de courtisans tenant lieu de personnel politique du régime qu’allait s’élever la contestation d’une de ses décisions, qu’elle consistât à consacrer l’impunité des terroristes ou à instituer l’enseignement ou l’officialité de langue amazighe.
Du point de vue des conditions psychologiques, les récentes décisions favorables à tamazight ont incontestablement bénéficié de l’état d’esprit dans lequel Bouteflika a moulé les forces politiques conservatrices de tendance baâthiste et islamiste et de tempérament entriste et opportuniste. Deux principes guident “l’action politique” de ces foules empressées autour de la rente et parmi lesquelles il puise ses alliés et ses ressources humaines : l’acquiescement et l’unanimisme.
Il n’y a qu’à observer que rien que pour évacuer un président d’Assemblée, toute “la représentation nationale” s’est mise en piquet de grève devant le portail enchaîné de l’institution délibérative nationale pour se rendre compte de la force de la règle du pas cadencé ! Pas une tête qui dépasse !
L’unanimité qui a marqué la constitutionnalisation de tamazight langue nationale et officielle, si elle illustre la discipline opérationnelle du personnel du régime, ne traduit point une conversion massive à l’évidence identitaire millénaire. Seulement, le régime pour y entrer et y rester, il faut savoir faire fi de ses convictions de chapelle. Certains n’y parviennent pas durablement. À la veille de Yennayer, certains bords n’ont pas résisté à la pression de leur haine que les idéologies sectaires savent enseigner. Il y a quelques jours, l’ambassadeur d’Algérie à Tunis, inconsolable, s’est départi de son devoir de réserve, pour étaler tout le fiel qu’il pense des progrès institutionnels de tamazight, réduisant sa cause à une “opération d’opposition à l’arabisation”.  L’innommable Naïma Salhi, elle, ne rate aucune occasion de partager sa douleur de voir s’écailler la croûte d’arabité artificielle qui a longtemps masqué la réelle personnalité de l’Algérien. Même la très officieuse Association des oulémas n’a pas pu retenir sa pulsion prohibitive, et vient de proclamer Yennayer “haram”.
Il fallait donc un Bouteflika, qui sait instaurer le silence dans la salle, et autour, pour que toutes ces forces regardent se réaliser un début de réhabilitation identitaire — presque — sans broncher. Les avatars des idéologies sectaires, qui ont fini par dégénérer en culture de l’exclusion, sont encore vivaces.
Tant que ces idéologies ne sont pas vaincues, ni l’option patriotique authentique ni la perspective progressiste ne sont acquises.


M. H.


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