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Culture / Culture

Retour sur le 12e Festival international de la bande dessinée d’Alger

À la recherche de l’esprit du Fibda

© D. R.

Le Fibda est considéré depuis sa création comme une tribune pour les amoureux du 9e art. Pour sa 12e bougie, célébrée du 1er au 5 octobre, il a été constaté sur place que cet évènement semble avoir perdu son aura d’antan. 

Le 12e Fibda (Festival international de la bande dessinée d’Alger), qui s’est tenu du 1er au 5 octobre à l’esplanade de Riadh El-Feth, a réussi encore cette année son pari : drainer du monde. Cette édition comme les précédentes a vécu un pic de visiteurs, notamment lors des deux derniers jours, mais le nombre de personnes présentes, est-il le vrai baromètre de la réussite d’un évènement ? Le Fibda est-il toujours une tribune pour les amoureux du 9e art, ou a-t-il perdu son aura d’antan ?

Cette édition dont la thématique portait sur “Les superhéros à Alger” promettait un évènement grandiose grâce aux invités des USA, pays invité d’honneur. Outre les héros Marvel et DC Comics, le Fibda a célébré les 50 ans de M’quidech, les 80 ans de Batman ou encore les 70 ans de Spirou. Il y avait, entre autres, au programme des conférences, des ventes-dédicaces, une zone gaming et divers ateliers pour petits et grands. 

Afin de découvrir l’univers coloré des bulles et s’imprégner de son atmosphère unique, Liberté a fait un petit tour à l’Oref, jeudi dernier, pour (re)découvrir la magie si particulière de la BD. Une fois sur place, nous étions surpris par le “vide”, non pas par l’absence des festivaliers mais par ce que proposaient les organisateurs. En déambulant entre les stands, la plupart étaient dédiés aux “goodies” (produits dérivés), où des tee-shirts de Superman, Spiderman et personnages mangas, pins et autres dérivés dominaient les étals.

Une occasion pour les fans de garder de petits souvenirs. Une bonne initiative pour la promotion de ces produits difficiles à trouver dans nos commerces. Suite à cette petite promenade, le moment tant attendu est arrivé : la découverte de l’exposition US, qui devait accueillir tous nos superhéros préférés. Mais en pénétrant dans le chapiteau, nous avons l’impression qu’Iron Man et ses potes ont plié bagage.

En effet, seulement une dizaine de planches et d’affiches ornaient les murs. En cinq minutes, le tour est fini, le visiteur n’a eu droit qu’à un dessin de Batman, un autre de Spiderman, des planches de Black Panther, des héroïnes “Muslim” de la collection Marvel ainsi que d’autres comics dédiés aux personnages afro-américains. Il semble que les titres choisis correspondaient en majorité à notre position géographique, culturelle et cultuelle.

Alors que nous nous attendions à retrouver les personnages de la Justice League et les Avengers. À propos de cette exposition, une habituée du Fibda (depuis sa création en 2008), Loubna nous a confié : “Le Fibda est devenu l’ombre de lui-même. En me rendant sur le lieu de la manifestation, je m’attendais à voir une grandiose exposition de l’invité d’honneur, les États-Unis, mais il n’y avait que quelques planches, une dizaine, qui ne remplissaient même pas l’espace d’exposition qui lui était consacré.” 

Une 12e édition à 25 millions de dinars
Dans le but d’essuyer cette déception, une petite escale au chapiteau de l’expo internationale s’imposait. Et là, une énième surprise : quelques numéros et planches de Qriqech, joliment installé, ont fait revivre à travers ses personnages, notamment Richa, cette période charnière de la BD algérienne. Participaient également plusieurs pays, notamment d’Amérique latine et d’Europe, avec quelques planches : une expo maigre par rapport aux éditions précédentes. 

À ce propos, l’une des festivalières, Meriem, a estimé : “Avant, lors des éditions précédentes, on pouvait passer des heures à faire le tour des expositions. Mais le festival n’a plus le budget d’avant, ni le même accompagnement qu’avant !” À ce propos, il est à rappeler que le budget alloué cette année était de “25 millions de dinars”, avait annoncé Dalila Nedjem, commissaire du festival. L’enveloppe revue à la baisse a contraint le commissariat à diminuer le nombre de pays participants.

La situation financière est-elle la seule raison de ce “déclin”, ou est-ce un manque de volonté politique de hisser cet art, “d’accompagner ses créateurs, et ce, en créant un environnement favorable pour son épanouissement” ? Sur ce point, il y a quelques années, le Fibda avait propulsé plusieurs jeunes bédéistes comme Natsu, Nim, Togui, Nawel Louerrad…

Ceux ayant connu cette période, durant laquelle la BD avait retrouvé ses lettres de noblesse, regrettent cette époque où le festival était un vrai tremplin pour eux ! Mais l’équipe du Fibda peut-elle tout réaliser sans la collaboration des premiers concernés : les auteurs de bandes dessinées ? Concernant la programmation de cette année, diverses conférences sur des thématiques intéressantes étaient proposées quotidiennement. Le seul hic : plusieurs ont été déprogrammées ou reportées sans alerter les festivaliers.

À ce sujet, le jeune Racim qui ressortait d’une conférence nous a informé que “les thématiques et les conférenciers sont très intéressants, mais ces conférences n’attirent pas de monde ou ne réussissent pas à tirer le meilleur des intervenants”. Par ailleurs, l’un des points forts de cette édition, l’espace gaming, les ateliers et le concours Cosplay, qui drainent tous les ans du monde. D’ailleurs, depuis ces quatre dernières années, le Fibda est devenu le rendez-vous incontestable des cosplayers et mangaphiles.

Une “situation qui renseigne sur le manque d’activités et d’espaces autour du 9e art en Algérie”, ont martelé de jeunes visiteurs. En somme, le Festival international de la bande dessinée d’Alger, anciennement un carrefour culturel et une passerelle d’échanges sur le 9e art, perd de son aura, et ce, en s’éloignant de sa première vocation : un espace pour l’émergence de la BD algérienne et africaine. 
 

H. M. 

 

 


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