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Culture / Culture

saâd khiari présente son deuxième roman “Le fils du Caïd”

Algérie, passé et présent

Les intervenants lors de la rencontre. © D.R.

Rendez-vous a été donné, avant-hier soir, par l’auteur et son éditeur afin de parler de ce nouveau texte. “Une fiction qui s’inspire de la réalité et de l’actualité”, et qu’il dédie “au peuple algérien qui ne cesse de forcer l’admiration du monde”.

Le deuxième roman de Saâd Khiari, Le fils du Caïd, vient d’être publié aux éditions Hibr, après le très remarqué Le soleil n’était pas obligé, qui donnait la parole à Marie Cardona, la compagne de Meursault. Rendez-vous a été donné à l’hôtel Sofitel, avant-hier soir, par l’auteur et son éditeur afin de parler de ce nouveau texte. “Une fiction qui s’inspire de la réalité et de l’actualité”, et qu’il dédie “au peuple algérien qui ne cesse de forcer l’admiration du monde”. 
Cette réalité, c’est celle qui oppose deux pans de la société algérienne : le peuple d’un côté, et les “autres”, cette minorité qui a tout : l’argent, le pouvoir, l’influence, le “Club des Pins”, les “voyages-shopping” et les demeures qui ressemblent plus à “des palais orientaux”. 
Entre passé et présent, l’ouvrage est aussi un constat acerbe de l’après-indépendance, à travers le personnage de Yacine, un ancien moudjahid qui rentre in extremis en Algérie après avoir fait l’objet des menaces d’un “fils de Caïd”, l’accusant d’avoir tué son père. Khiari expliquait devant l’assistance que l’élément déclencheur du roman “était l’année où il y avait les coupures d’eau à Alger. J’avais commencé à écrire. Je ne reconnaissais plus mon pays avec le retour des "Afghans", les tchadors et compagnie”. Cette histoire de vengeance, “étonnement prémonitoire sur l’imminence d’un soulèvement populaire”, nous fait rentrer de plain-pied dans la révolution, avec un côté romancé néanmoins. Après avoir été le héros de sa nation, Yacine devient un fugitif et n’a d’autre choix que de demander de l’aide à son ami Malek, devenu entre-temps ministre. 
Le fils du Caïd donne lieu à “des règlements de compte qui n’ont pas eu lieu, entre vrais et faux moudjahidine et harkis”, a observé Youcef Sayeh qui modérait la rencontre. Et de poursuivre : “L’intérêt de ce roman ce sont ses personnages ; de très hauts gradés, des ministres” et ceux qui ont libéré l’Algérie sans toutefois demander quoi que ce soit en retour. 
À ce propos, Khiari parlera de Yacine et de sa grande déception une fois rentré en Algérie, à cause “du virage qu’a pris le pays, devenu cette immense salle d’attente à ciel ouvert. Assiégée par des millions d’autruches la tête enfouie dans le sable, ne quittant leur trou qu’à l’heure de la bouffe. Un pays où on attend la mort du chef sans vraiment la souhaiter”. Et la question de fond, selon le journaliste, reste celle des choix faits en 1962, qui “restent très ambigus”. Qu’a-t-on fait de la révolution ? Les gouvernants ont-ils vraiment œuvré pour le développement de la nation ? Et pourquoi a-t-on laissé tomber les meilleurs enfants de l’Algérie et cloné des dizaines de milliers de nouveaux anciens moudjahidine ? Ces questions sont toutes relevées dans ce roman polyphonique où se joignent les voix du passé et du présent, pour tenter de comprendre les fêlures d’un avenir qui semblait pourtant serein. 
 

Yasmine Azzouz



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