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Culture / Culture

Assassinat du président Mohamed Boudiaf

Arezki Katache explore la piste d’un “acte collectif annoncé à l’avance”

© D.R

Dans la contre-enquête de l’auteur, on y voit de la suspicion quant à la véracité des thèses officielles qui, à l’issue de deux commissions d’enquête, ont conclu que l’assassinat de Mohamed Boudiaf relève d’un acte isolé attribué à Boumarafi Embarek.
 

L’avocat Arezki Katache publie une série d’indices où il mêle anecdotes et faits périphériques à l’assassinat, le 29 juin 1992, de Mohamed Boudiaf, et qui “démontrent que certaines personnes étaient au courant de l’exécution imminente de Boudiaf”. Dans la contre-enquête d’Arezki Katache, on y voit de la suspicion quant à la véracité des thèses officielles qui, à l’issue de deux commissions d’enquête, ont conclu que l’assassinat de Mohamed Boudiaf relève d’un simple acte isolé attribué à Boumarafi Embarek. L’étude d’Arezki Katache, intitulée L’assassinat de Boudiaf, un acte collectif annoncé à l’avance, est bâtie essentiellement sur “quelques articles de presse qui démontrent, sans conteste, que des journalistes étaient au courant de la prochaine exécution de Boudiaf. Il en ira de même de quelque(s) cameraman(men) exerçant à la télévision ou dans une officine occulte”. Pour étayer un verdict aussi osé, l’auteur va puiser dans la presse de l’époque où quelques manchettes étaient, selon lui, annonciatrices d’une catastrophe imminente. “Boudiaf hors du bunker présidentiel. Un saut dans l’inconnu ?”, lit-on sur la une du Quotidien d’Algérie, daté du 24 juin 1992, soit cinq jours avant l’assassinat de Mohamed Boudiaf. Ce fut l’une des manchettes qui a attisé la curiosité de l’écrivain. Il pense ainsi que “la sémantique utilisée dans ces deux titres suffit, d’elle-même, à laisser entendre que le voyage, entrepris par Boudiaf, n’était pas, au départ déjà, un déplacement ordinaire d’un chef d’État désireux de s’enquérir, sur le terrain, de l’état du pays. La forme interrogative, avec laquelle étaient formulés ces titres, laisse poindre un climat et un sentiment dignes d’une atmosphère du plus horrifiant film d’Hitchcock”, écrit Arezki Katache. Une autre manchette du même journal, datée du 25 juin, disait que l’ex-président du HCE allait “à la conquête de l’Ouest” où il devait se rendre à Aïn Témouchent. “La première journée de ce qui est considéré comme le baroud d’honneur du président du HCE a été quelque peu timide, mais réussie tout de même”, un écrit journalistique publié dans le Quotidien d’Algérie, qui fait dire à l’avocat que cette expression “signifie que Boudiaf allait livrer son ultime combat d’une guerre perdue d’avance, juste pour sauver l’honneur”. Plus loin, l’auteur du livre conclut que l’attentat contre Mohamed Boudiaf aurait pu être perpétré le 26 juin 1992 à Oran. L’auteur de L’assassinat de Boudiaf, un acte collectif annoncé à l’avance, va s’intéresser ensuite aux images retransmises par la télévision algérienne lors du discours prononcé par Boudiaf avant qu’il ne soit assassiné. Une des caméras qui filmait Mohamed Boudiaf, “fouineuse à souhait”, “avait braqué son objectif vers le bas du rideau rouge placé derrière la tribune d’où Boudiaf discourait ; de ce rideau pointait une paire de pieds chaussée de godasses militaires. Puis, un peu plus tard, cette même caméra, se détournant encore une fois de son sujet, s’en était allée fixer son objectif sur le même rideau qui commençait… à frémir juste avant l’intrusion de l’assassin sur la scène”. Il y a eu ensuite “cette censure volontaire de l’image du tueur”. Après coup, deux thèses se confrontaient sur l’assassinat de Boudiaf ; une privilégiant la piste islamiste, tandis que l’autre impute le crime au régime d’Alger. Pour Arezki Katache, la piste islamiste de l’assassinat de Mohamed Boudiaf est “irrecevable”, alors que la thèse d’un assassinat perpétré par les “détenteurs de finances occultes” est plutôt “inopérante”. Après avoir exploré toutes les pistes, l’auteur, avocat de profession, conclut qu’il s’agit plutôt d’un “assassinat collectif commis par le régime d’Alger”. 
 

Ali Titouche


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