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Culture / Culture

Marché de l’art en Afrique

Beaucoup de progrès reste à faire

L'écrivain et critique d'art Yacouba Konaté (à gauche) lors de la conférence. ©D. R.

Organisée dans le cadre de la 4e édition du Salon de la créativité, qui se tient jusqu’à aujourd’hui au palais de la culture Moufdi-Zakaria (Alger), la conférence autour du marché africain de l’art a permis de dégager les enjeux et les difficultés que rencontre ce secteur dans le continent noir.

Le critique d’art et écrivain ivoirien Yacouba Konaté, ainsi que le plasticien algérien Hellal Zoubir ont animé, jeudi au palais de la culture Moufdi-Zakaria, une conférence autour de la situation du marché de l’art africain, dans le cadre du 4e Salon de la créativité. La rencontre a permis de faire le bilan du marché de l’art dans le berceau de l’humanité, ses acteurs, ses acquis mais aussi ses lacunes et les difficultés qu’il rencontre, notamment en Algérie. L’artiste-plasticien Hellal Zoubir abordera dans son intervention la situation délicate des artistes algériens qui font face à des difficultés administratives quand il s’agit de participer à des biennales ou des festivals internationaux. “Notre administration empêche toutes formes d’exportation hors hydrocarbures”, a-t-il lancé avant d’expliquer les blocages auxquels font face les artistes qui se rendent à l’étranger : “En Algérie, on considère que la production artistique privée est du ressort du patrimoine national, donc on a besoin d’une autorisation du ministère pour une autorisation temporaire, sinon il faut passer par les rouages de l’Anar et d’autres ministères pour pouvoir exporter, mais sans cette possibilité d’entrer dans un marché international de l’art où ils peuvent vendre leurs produits. Parce que toutes leurs œuvres doivent rentrer au pays.” En plus de toutes ces difficultés, le plasticien dira que l’artiste est “obligé de verser une caution à la Chambre algérienne de commerce et d’industrie”. Une réglementation mise en place au cas où “les œuvres ne reviendraient pas sur le territoire national”. Par ailleurs, il a relevé le manque de soutien des officiels, un problème qui vient s’ajouter à la longue liste des carences dont pâtit ce milieu. “Chaque fois qu’on expose à l’étranger, nos représentants ne se déplacent pas. Ce sont des disciplines qui ne les intéressent pas. Ces artistes se déplacent par leurs propres moyens, nos représentants devraient faire l’effort d’être présents. C’est le cas au Maroc et en Tunisie, c’est quelque chose qui rassure les artistes”, a-t-il fait savoir. Abondant dans le sens du peintre algérien, Yacouba Konaté a expliqué que le plus important pour le moment en Afrique est l’accompagnement de l’art local. “Toutes les initiatives qui se font en interne sont importantes. Tant qu’on ne soutiendra pas cet art, et tant qu’il y aura ces difficultés dont a parlé M. Hellal, nous n’avancerons pas”, a-t-il martelé. Aussi, selon lui, le volet de la formation est essentiel si l’on veut développer l’art en Afrique, notamment celle au profit des “managers, critiques et organisateurs”, en plus des collaborations avec la diaspora qui retourne au pays d’origine et qu’il faut “soutenir”.

Yasmine Azzouz


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