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Culture / Culture

Interdiction du film “Papicha” en Algérie

Belkacem Hadjadj dénonce “un acte arbitraire”

Belkacem Hadjadj. © D.R

Le coproducteur vient de publier une lettre ouverte où il fustige le silence des responsables du ministère de la Culture, face à un “acte de censure d’un film”.

Le film événement Papicha de Mounia Meddour affiche un grand succès à l’international, depuis sa projection à Cannes dans la catégorie “Un certain regard”. Il enchaîne les festivals et rafle les prix. Ce film qui sera dès aujourd’hui diffusé dans plusieurs salles françaises a été retenu sur la première liste pour les Oscars. Mais cela n’est nullement le cas dans son pays ! À rappeler que l’avant-première algérienne et la sortie nationale prévues respectueusement les 21 et 22 septembre dernier, ont été annulées à la dernière minute. Après cette interdiction, le coproducteur Belkacem Hadjadj ainsi que toute l’équipe du film sont surpris, car aucun “décideur” n’a daigné précisé le pourquoi de cette “censure” qui ne dit pas son nom. Le 2 octobre dernier, le ministre de la Communication qui est également en charge du ministère de la Culture, Hassan Rabehi, est sorti de son silence, en indiquant à une chaîne de télévision privée que“sincèrement, je n’ai aucune réponse à vous fournir…, parce que je ne suis pas au fait des raisons qui ont valu la non-projection de ce film. Vous n’avez qu’à demander au producteur ainsi qu’à la réalisatrice. Ce n’est pas moi. Je n’ai pas de données…”. Suite à cette interview, Belkacem Hadjadj vient de publier une lettre ouverte (une copie a été reçue par notre rédaction), pour répondre aux déclarations du ministre. 

À propos de cette interdiction, le coproducteur a souligné que la projection a été empêchée par des “responsables” du ministère de la Culture, et ce, dans “l’opacité la plus totale, sans la moindre explication ni notification”. Cela alors que le  film a été coproduit par l’Algérie avec des fonds du ministère de la Culture et  “dispose de tous les visas réglementaires algériens nécessaires pour sa distribution en Algérie”. Dans l’objectif d’avoir des réponses concrètes, Hadjadj s’est “adressé” aux services du ministère concerné pour une “explication”. “Rien. Pas même une notification officielle de ce qui était de fait, un acte de censure d’un film, disposant du visa officiel de sortie du même ministère, à la veille d’une avant-première officielle organisée par le CADC (Centre algérien de développement du cinéma), organisme relevant du même ministère !”, a martelé le coproducteur. Et de renchérir : “J’ai sollicité le cabinet du ministre à qui j’ai adressé, par écrit, toutes les informations concrètes sur le problème. J’ai exposé le caractère arbitraire de la mesure et le préjudice à l’image internationale de l’Algérie. Aucune réponse n’a été fournie, aucune suite n’a été donnée.” À cet effet, en “prenant acte” de la réponse du ministre, Belkacem Hadjadj “demande qu’une enquête soit menée pour faire toute la lumière sur ce grave ‘dysfonctionnement’ qui met la culture et l’image de l’Algérie à la merci d’agissements opaques et arbitraires, au mépris des lois et règlements”. Et M. Hadjadj de conclure sa lettre de la sorte : “S’il s’agit d’une censure, même tardive, qu’elle me soit officiellement notifiée et justifiée. S’il s’agit d’un pur acte arbitraire, que les responsables soient désignés et sanctionnés.”


Hana Menasria

 


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