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Culture / Culture

Ouverture des 17es Rencontres cinématographiques de BéjaÏa

Hommage aux luttes algériennes d’hier et d’aujourd’hui

Soirée inaugurale avec Samira Brahmia et Fayçal Belattar © D. R.

L’ouverture des 17es RCB s’est faite avec la projection du documentaire “À Mansourah, tu nous as séparés”, de Dorothée Myriam Kellou, qui traite des camps de regroupement de l’armée française. La soirée a été marquée aussi par un  vibrant hommage rendu aux détenus d’opinion.

La scène se répète chaque année depuis dix-sept ans déjà aux abords du centre-ville de Béjaïa, dont les ruelles charrient, pendant quelques jours en septembre, de petits groupes de cinéphiles et de réalisateurs vers la mythique place Gueydon de Béjaïa (actuelle rue du 1er-Novembre) qui surplombe le port de la ville avec vue panoramique sur la baie bougiote et abritant, en ses sous-sols, l’ancienne cinémathèque.

En cette soirée du 21 septembre, il faisait bon humer l’air méditerranéen qui se dégageait de cet endroit convivial, où locaux et touristes se croisent, contemplant la ville des Hammadites. Mais il faisait surtout bon d’y être pour vivre les premiers moments cinématographiques de la 17e édition des Rencontres cinématographiques de Béjaïa, inscrite cette année, sous le slogan “Raconte tes luttes”. Au programme 31 œuvres, dont 22 algériennes, sont projetées du 21 au 26 du mois en cours, entre fictions, courts et longs métrages et docs.
 
Hommage aux détenus d’opinion et du drapeau amazigh
Une fois n’est pas coutume, la soirée inaugurale s’est faite en musique avec le duo Samira Brahmia et Fayçal Belattar, qui ont rendu hommage à la Kabylie et ses contes, et à l’Afrique et son héritage millénaire. Brahmia a par ailleurs interprété en exclusivité son titre Qol li sayyidikoum lan arqaâ ! (Dites à votre maître que je ne plierai pas !), composé dernièrement en hommage au Hirak populaire.

Dans ce sillage, Leila Aoudj, directrice artistique des RCB a tenu à rappeler que cette édition est dédiée “aux luttes et combats des hommes libres, les détenus d’opinion et les détenus du drapeau amazigh”, sous les applaudissements d’une salle archi-comble. Les luttes justement, le premier docu, s’intéresse à celles menées par les populations rurales sous le joug colonial.

À Mansourah, tu nous as séparés, de la journaliste et réalisatrice Dorothée Myriam Kellou, révèle un pan de notre histoire très peu connu, celui des déplacements forcés de populations civiles de l’intérieur du pays par les forces coloniales, afin d’affaiblir la lutte des moudjahidine et contrôler de plus près les villageois. Malek, le père de la réalisatrice, revient dans son village natal avec des souvenirs, en bribes, mais douloureux.

Déplacé, enfant, avec sa famille vers des camps de regroupement, où la misère se faisait encore plus ressentir malgré la volonté du colonisateur de les faire passer pour “des villages modèles”, ces no man’s lands créés par les Français sont des souvenirs que le petit garçon de Mansourah a longtemps voulu oublier. Mais un déclic, celui de la vue de la statue du sergent Blandan à Nancy, où il réside, a tout fait remonter à la surface. 

Derrière sa caméra, Kellou interroge les anciens, interroge aussi le silence autour de ces “camps”, dont le seul nom rappelle ceux installés par les nazis. Plus d’un demi-siècle après, les survivants n’ont que leur mémoire et leur douleur pour faire face à la tragédie. Spoliés de leurs terres, sans ressources et livrés à eux-mêmes, ils sont les “oubliés” de la guerre d’Algérie.

Un effacement en somme, qui tend à se reproduire tant les jeunes générations ignorent l’existence des “camps”. Petit retour sur le programme enfin, il est à noter qu’aujourd’hui, les docs Derwisha et Nar, de Leila Beratto et Meriem Ahcour Bouakkar, les courts métrages Une histoire dans ma peau, de Yanis Kheloufi et La petite, d’Amira Géhanne Khalfallah ainsi que La maquisarde, de Nora Hamdi seront projetés à la cinémathèque. 
 

Y. A.

 

 


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