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Culture / Culture

Mouloud Belabdi, auteur et ancien animateur de radio, raconte son confinement

“J’ai déterré un vieux projet sur Dassine, la poétesse des Touareg”

© D.R.

Installé au Canada depuis 1997, Mouloud Belabdi profite de cette période pour l’écriture, notamment, d’un scénario sur la poétesse qu’il devait réaliser avec Rabia Benmokhtar.

La génération des années 1980-90 se souvient-elle de cet animateur de la Chaîne 3 de la Radio algérienne ? Ses émissions ne passaient pas inaperçues, comme celle qui avait obtenu en 1994, à Paris, une distinction de l’Université radiophonique et télévisuelle internationale. 
C’est de là qu’est venue la publication, en 2006, de Chant de la douleur et de l’espérance algériennes, recueil de poésie édité par la fondation littéraire Fleur de Lys (Québec). Enseignant, écrivain, Mouloud Belabdi vit au Canada depuis 1997. Comme tout le monde, il a été marqué par la crise sanitaire mondiale qui a “un impact psychologique certain sur notre vie et nos comportements. Il y a un sentiment de vivre un film de science-fiction, seulement ce n’est pas de l’imagination, c’est le réel qui a basculé”, nous a-t-il confié. Au Québec, comme partout, tout le monde est mobilisé pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 qui a sévèrement touché les “les centres de soins et les résidences privées pour personnes âgées, au point où le gouvernement a fait appel à l’armée pour prêter main-forte là où la situation était difficile.

Maintenant, la situation est globalement sous contrôle, accompagnée d’un déconfinement progressif”. Pour Mouloud Belabdi, la première leçon à tirer de cette crise est “de revoir le rôle de l’État dans les soins à apporter à la population. On le voit clairement à présent, ce sont les hôpitaux publics qui sont à l’avant-poste. Les travailleurs de la santé devraient à cet égard être revalorisés”. Même si les repères avaient presque disparu au début de la crise, le temps est progressivement mis à profit pour travailler : “En plus du télétravail avec l’école où j’enseigne, j’ai déterré un vieux projet de scénario que je devais réaliser avec mon ami le regretté cinéaste Rabia Benmokhtar sur Dassine, la poétesse légendaire des Touareg de l’Ahaggar (début du XXe siècle). Je souhaite en faire un récit à terminer d’ici à la fin de l’année.”  

Pour expliquer son “silence littéraire”, Belabdi affirme : “Je ne suis pas un auteur prolifique. Le travail professionnel est mon gagne-pain”, avant de rappeler qu’il a tout de même publié “des nouvelles dans les journaux et participé à des travaux collectifs comme par exemple la Littérature canadienne québécoise – La ville en écriture”, paru aux éditions du Tell en 2010 : “Mon premier recueil de poèmes, Mandala, a été publié en Algérie aux Éditions Fennec en 1994. Le deuxième, Intensément la vie - Cycles, a été publié en 2005 aux éditions de la Fondation littéraire Fleur de Lys (Québec), qui a publié également en 2006 Chant de la douleur et de l’espérance algériennes.” Quand on lui rappelle sa première passion, la radio, Mouloud Belabdi évoque une expérience qui a tourné court : “Quand je suis arrivé à Montréal en 1997, je pensais travailler à la radio. L’année suivante, j’ai commencé à Radio-Canada Internationale, mais pour des remplacements. Il fallait patienter. Au bout d’une année d’attente, j’ai abandonné l’idée de la radio pour un autre travail.” 

On sent de la nostalgie dans le propos. Après l’obtention d’un baccalauréat en éducation (équivalent d’une licence), il s’engage dans l’enseignement et s’installe dans une vie paisible au Canada : “Je suis issu de l’Université algérienne du début des années 70 qui était ouverte sur la société et le monde. Mon travail à la radio à cette époque m’a ouvert d’autres horizons. Je côtoyais des gens venant des quatre coins du monde.” Le pays, les racines, sont omniprésents. “Je reste attaché à ma patrie, c’est-à-dire le pays où je suis né et avec lequel je garde des attaches sentimentales très fortes. Il y a la famille, les amis. Cependant, je demeure fondamentalement un citoyen de la Terre-Patrie.”

ALI BEDRICI


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