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Culture / Culture

Jean-Luc Palicot parle de son livre “je veux croire qu’elles n’ont pas changé”

“Je reprends des souvenirs qui datent de quarante ans”

© D. R.

Dans Je veux croire qu’elles n’ont pas changé,  un jeune Français en Algérie (1974-1977), paru aux Éditions L’Harmattan le 20 janvier 2020, l’auteur superpose des images de banlieues parisiennes d’aujourd’hui avec celles d’Alger des années soixante-dix pour aborder un sujet sensible.

Liberté : Voulez-vous présenter votre livre ?
Jean-Luc Palicot
: J’ai passé trois années en Algérie (1974 à 1977) en tant que professeur de français, dans le cadre de la coopération. Je reprends des souvenirs qui datent de quarante ans, mais qui sont trop en rapport avec le contexte actuel en France pour être ignorés. 

Parmi ces souvenirs s’inscrit ma perception des jeunes femmes algériennes. À vingt-deux ans, j’ai eu ce privilège d’être enseignant pour deux classes de jeunes filles de quinze à dix-neuf ans, qui respiraient la joie de vivre, cheveux au vent, et portaient la mini-jupe.

Elles se prénommaient Djémila, Malika, Khédidja, Fatiha, Samira, Rabia ou Louiza, et sont peut-être les grand-mères de ces jeunes Français, garçons et filles, d’origine maghrébine qui vivent actuellement en France. C’est ce que je tiens à raconter simplement, avec humour et amour, mais aussi réalisme.

Vous parlez de contexte en France, lequel ? 
De la mini-jupe au voile. Je ne demande pas le retour de la mini-jupe : même en France, ce n’est plus à la mode ! Heureusement, la plupart des Françaises d’origine maghrébine sont vêtues à la mode européenne. Pour les voilées, c’est le constat d’une régression qui me chagrine et m’inquiète.

C’est la place de l’islam en France qui est posée. Comment cette religion va-t-elle évoluer ? Le risque de conflit est réel. J’ai récemment vu le film Les Misérables, tourné dans une banlieue parisienne. Si c’est cela l’avenir de l’islam en France, il y a de quoi être inquiet. J’ai l’impression qu’il y a plus de “barbus” en région parisienne qu’en Algérie, toutes proportions gardées...

Je veux dire aussi combien nous avons sous-estimé, en France, la période terrible de la “décennie noire”. Au cours de cette période, des hommes et des femmes ont su résister avec courage aux injonctions des islamistes ; des femmes ont refusé de porter le voile islamique et se sont opposées à la charia. Il n’y a donc pas de fatalité dans cette évolution vestimentaire féminine, pas plus en Algérie qu’en France !

Vous affirmez avoir écrit votre livre avec humour, amour, tendresse et réalisme…
J’ai conçu ces textes avec humour qui est une seconde nature pour moi. J’adore les jeux de mots. Mon sujet est très sérieux, mais rares sont les pages sans une phrase ou une expression qui prête à sourire : c’est mon humour personnel ; j’espère qu’il sera compris. Ce ne sont pas les humoristes de scène algériens qui me contrediront !

Dans mon livre, il y a aussi l’amour pour une jeunesse à une période où j’étais jeune moi-même ; l’amour des femmes, de LA femme. C’est en Algérie que j’ai connu l’amour. Alors, quand je tance les jeunes femmes qui arborent le voile en France, c’est parce qu’elles me font de la peine. 

Et pour le réalisme ?
J’étais naïf à l’époque, mais j’ai bien remarqué que tout n’était pas rose en Algérie : les problèmes économiques, le parti unique, le machisme (y compris chez mes élèves), les corvées faites par les femmes, la pauvreté, la rareté du travail proposé, le retrait d’une de mes élèves pour la marier contre son gré, les difficultés de la vie quotidienne dans le Sahara (où j’ai vécu un an). Je n’ai rien caché de tout cela : mon témoignage essaie d’être objectif.
 

Entretien réalisé à Paris par  : ALI BEDRICI 

“Je veux croire qu’elles n’ont pas changé, Un jeune Français en Algérie (1974-1977)”, de Jean-Luc Palicot, Éditions L’Harmattan, 168 pages, janvier 2020.


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