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Culture / Culture

Le peintre Aziz Ayachine à la galerie AÏcha-Haddad

La créativité dans l’art du sable

Œuvres de Aziz Ayachine. © Louhal/Liberté.

Ancien élève de l'École régionale des beaux-arts de Mostaganem (2004), pour Aziz Ayachine, le sable “requiert de la précision pour réussir l’illusoire et exige aussi son poids de patience pour réajuster des œuvres au cours du cycle de création”.

Notre Sahara n’est pas seulement florissant des  filons de son sous-sol mais de la parure de sable qui l’enjolive à sa surface et qui est cousu d’or autour des dunes de l’erg. Si doré qu’il suffit de cueillir une motte de sable pour jouir du ballet de ses grains lorsqu’ils s’épandent entre nos doigts. Le chœur est d’autant divertissant lorsque les grains s’écoulent du bulbe du sablier et qu’ils tourbillonnent dans la symphonie de la fraîcheur oasienne. D’ailleurs, seul l’œil de l’esthète est habile et l’artiste-peintre Aziz Ayachine est adroit pour y pressentir l’éclat qu’ensile le sable dans la pureté de ses grains. 

D’ailleurs, c’est avec ce matériau qu’il a ensablé la galerie Aïcha-Haddad où il a élu sablière. Donc, que l’on soit à l’ombre d’une palmeraie ou sous le parasol du farniente d’un été finissant, le sable s’ambre au soleil jusqu’à attiser l’intérêt de l’artiste qui sait tout de ce grain magique. Féerique même, parce que le sable gît dans l’immensité du Sahara et au bord de la grande bleue où l’âme de la créativité aime à s’exhiber : “Le sable requiert de la précision pour réussir l’illusoire et exige aussi son poids de patience pour réajuster des œuvres au cours du cycle de création”, a-t-on su de l’hôte de la galerie Aïcha-Haddad. Et puisqu’on est en Méditerranée, le grain quitte le vent de sable pour se coller et s’assagir au cœur d’une toile qu’il agrémente à l’éternité. Doué d’une griffe dite aussi technique mixte, l’art de l’artiste-peintre Aziz Ayachine prend vie sur un socle préalablement conçu d’un lit de liant et au-dessus duquel s’alite le sable comme lorsqu’il gît au fond d’un oued dunaire. Et de là, Aziz Ayachine cisèle l’éventaire de frises qu’on eut dit qu’elles sont tissées par une main d’une fée de logis. C’est dire que le grain de sable est capable de violence dans la rigueur hivernale du Sahara, comme il est aussi porteur de douceur lorsqu’il s’allie à l’art. Et d’une toile à l’autre, l’air de mysticité souffle au-dessus du minaret où le fond de broderie ciselée dans le stuc se confond tantôt avec “hourouf” et tantôt avec ces lettres calligraphiées au trait et à l’encre du soufisme, a ajouté Aziz Ayachine qui s’inspire de l’école de ses influenceurs Mohammed Khadda (1930-1991) et M’hamed Issiakhem (1928-1985). 

En effet, le style sablé sied à l’architecture néo-mauresque mais aussi aux ksour de notre Sahara où l’bab eddar invite au mysticisme des  zaouïas de nos ancêtres et à l’énigmatique du style bâti, a-t-on su de cet ancien élève de l'École régionale des beaux-arts de Mostaganem (2004). C’est dire que cet enfant de Chlef (Ex-El-Asnam) trempe ses pinceaux dans le legs de l'artisanat mais aussi dans l'art de l’Islam qui est intimement lié à l’authenticité de notre terroir aux tons marron et brun qu’il emprunte à une infinité de nuances. Et à l’issue du tour de l’exposition, la brise d’été cède la galerie au vent du sud qu’il serait bon d’humer à l’occasion d’une visite à la galerie Aïcha-Haddad où l’artiste vous attend jusqu’à la fin du mois en cours.


Louhal Nourreddine


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