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Culture / Culture

Projection de "Sotra" et "Felfel hmar"

La femme algérienne, entre hier et aujourd’hui

© D. R.

Les courts métrages algériens étaient encore à l’honneur au 10e Festival international du film engagé (Fica), qui se tient du 7 au 16 novembre à l’Oref. Deux réalisateurs ont ainsi présenté au public de la salle Ibn Zeydoun (Oref) deux œuvres qui signent leur entrée dans le domaine du 7e art. Après un one man show en 2006, plusieurs rôles dans différentes productions, notamment pour son frère le réalisateur Cherif Aggoune, Abdallah Aggoune, médecin de son état, participait à ce 10e Fica avec Sotra (Couvre-toi), qui raconte les pressions exercées sur une jeune femme durant les années 1990 pour le port du voile.

Kahina (Assia H.) vit avec sa mère (Louiza Habani) et son père (Chawki Amari) patriote dans un quartier populaire en pleine décennie noire. Musicienne, elle aspire à vivre pleinement sa vie, mais la tâche est ardue lorsqu’on est entouré d’un père démissionnaire, d’un voisin intrusif et menaçant et d’une idéologie extrémiste qui impose ses dogmes à la femme. Mais Aggoune ne laisse pas son récit prendre une tournure tragique ou mélo-dramatique.

Au contraire, il joue de cet environnement hostile à la jeune femme en ridiculisant son agresseur (campé par Idir Benaibouche), qui devient à son tour sujet de moqueries dans le quartier. Aggoune rend par-là même hommage au combat et à la résistance de ces femmes, qui n’auront jamais cédé aux menaces, proférées du reste hypocritement par les partisans du “faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais”. 

La place de la femme dans la société était l’autre sujet abordé par la réalisatrice Saâdia Gacem dans son documentaire Felfel hmar, réalisé dans le cadre des “ateliers Timimoune” de la cinéaste Habiba Djahnine en 2017. Dans les bureaux du réseau Wassila, le collectif algérien pour les droits de la femme, Gacem pose sa caméra et laisse avocates et militantes décortiquer les dossiers du jour et les abus pratiqués contre les plaignantes. Le code de la famille, ce document rouge qui relègue la femme au statut de “mineure à vie”, fait également l’objet d’un débat entre copines.

La dimension archaïque et discriminatoire des lois qui y sont inscrites, même après sa révision en 2005, n’est qu’un aperçu du décalage qui sépare les décideurs de la vie actuelle de la femme algérienne. Les jeunes femmes regrettent également que l’adoption de ces lois ne fasse pas l’objet de débat dans la société, qui pourrait pourtant préserver leurs droits en cas de conflit ou séparation. Gacem, avec cette parole donnée aux femmes, rend davantage palpable l’incongruité d’un document élaboré il y a près de 35 ans, et la détresse des femmes qui dépendent de ses lois liberticides. 
 

Yasmine Azzouz 



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