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Culture / Culture

Saad Khiari, lors de la présentation de son roman “Le soleil n’était pas obligé”

La fiction pour renouer avec l’histoire

© D.R.

L’auteur Saad Khiari a présenté, avant-hier, son dernier livre, “Le soleil n’était pas obligé”. L’auteur a expliqué sa démarque, tout en évoquant les relations algéro-françaises, dans cette œuvre originale qui reprend “L’étranger” d’Albert Camus, et “Meursault, contre-enquête”, de Kamel Daoud.

L’auteur, cinéaste et journaliste Saad Khiari présentait avant-hier, à l’hôtel Sofitel Hamma Garden d’Alger, sa dernière création littéraire intitulée Le soleil n’était pas obligé, publiée il y a quelques mois aux éditions Hibr. En présence de Yahia Nazef, Meriem Guemache et Mohamed Lakhdar Magoual, l’auteur est revenu sur ce roman qui fait la part belle à l’intertextualité et à la fiction, puisqu’il entreprend de donner suite aux romans L’étranger d’Albert Camus, et Meursault : contre-enquête de Kamel Daoud. Fiction, car la compagne de Meursault et être de papier créé par Camus, en l’occurrence Marie Cardona, prend vie dans l’œuvre de Khiari, qui lui attribue un passé et un présent qui se joue en Algérie, au travers de sa rencontre avec le frère fictif de Kamel Daoud. Revenant sur l’idée de cette écriture originale, l’auteur dira qu’à la suite du succès fulgurant qu’a connu le roman du chroniqueur du Quotidien d’Oran, “j’ai envoyé mon texte Une lettre écrite par Marie Cardona à l’Obs qui avait été consulté plus de 35 000 fois sur le site. On m’a alors dit pourquoi vous n’allez pas au bout de votre idée, c’est-à-dire ressusciter un personnage fictif, qui va s’adresser à Kamel Daoud qui est un être physique réel, l’installer dans un livre et lui donner un frère fictif.
On est en plein dans l’absurde chez Camus”, dira-t-il. Le voyage de son héroïne, qui n’est plus revenue en Algérie depuis la fin de la guerre, constitue avant tout une tentative de renouer avec cette terre qui a vu mourir son amant. “Il y a un vide énorme dans sa vie parce qu’elle est passée à côté. Elle dit : “Je n’ai jamais cherché à coloniser. Je me suis retrouvée embarquée dans une aventure et je me reproche d’avoir côtoyé des gens avec qui je n’aurais jamais habité.” Et d’ajouter : “C’est vrai que c’est cette espèce d’indifférence qui est pire que l’ignorance, qui fait qu’à mon avis le livre a suscité l’intérêt.”  Plus loin, Khiari évoquera la sensible question d’une réconciliation entre les deux pays. “Avec l’amour naissant entre les personnages de Yolande et Achour, je voulais faire un clin d’œil pour dire et si l’Algérie et la France reprenaient les choses comme elles étaient ? Ce couple, plus jeune que Marie, et qui n’a pas de lien direct avec la guerre, peut bâtir quelque chose de nouveau.”
Cependant, l’auteur se reprochera de ne pas avoir fait dans la “finesse” s’agissant de cette allusion, puisqu’il dira : “J’aurais voulu être plus subtil que ça.” “Cela dit, il y a cette poignée de mains entre les deux personnages. D’ailleurs, quand le directeur du journal a lu ça, il a dit que ça inaugurait quelque chose de bien pour les deux pays”, a-t-il conclu.


Yasmine Azzouz

 



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