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Culture / Culture

À l’occasion du lancement des Journées de la culture tunisienne en Algérie

La pièce “Autres démons” présentée au TNA

© D.R.

Les journées culturelles tunisiennes en Algérie qui se poursuivent jusqu’à aujourd’hui ont pris effet samedi dernier avec la représentation, au théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (TNA), de la pièce “Autres démons” de Walid Daghsni.

Lancées à l’issue de la foire internationale du livre de Tunis, qui s’était tenue du 6 au 15 du mois courant, les journées culturelles du pays du jasmin en Algérie (du 28 au 30 avril) ont pris effet avant-hier dans différents lieux culturels de la capitale. Entamée à la Bibliothèque nationale d’Algérie avec une conférence autour des relations historiques entre les deux voisins, la journée d’inauguration s’est poursuivie le soir même au théâtre national Mahieddine-Bachtarzi, où la pièce Autres démons a été présentée au public algérois. Mise en scène par Walid Daghsni, la pièce est inspirée de l’œuvre De l’amour et autres démons de Gabriel García Márquez. Tout droit sorti d’un temps moyenâgeux de par les costumes et l’atmosphère qui s’en dégageaient, Autres démons met en scène, entre réel et imaginaire, les forces surnaturelles et les faiblesses humaines, la jeune Sierva Maria (héroïne de García Márquez), que l’on dit possédée après la morsure d’un chien enragé. La jeune fille est interprétée ici par Ameni Belaadj, qui tombe tour à tour sous le joug de guérisseurs, de manipulateurs puis d’un jeune journaliste, venu enquêter sur son état. Ce dernier s’éprend de la jeune femme à la longue chevelure ébène. Mais dans un contexte comme celui de certains pays arabes, où l’amour se retrouve souvent vaincu quand il est confronté à l’extrémisme religieux et à la bêtise humaine, le metteur en scène nous renvoie en pleine face nos propres défauts et notre intolérance. Atmosphère que nous retrouvons d’ailleurs dans la scénographie de l’œuvre, minimaliste, brute, noire, froide…
Tandis que la musique, inquiétante tout au long de la représentation, est interrompue par des passages de guitare électrique qui viennent redynamiser l’ensemble de la pièce.
Malgré les thèmes abordés et qui sont plus que jamais d’actualité, on pourrait reprocher à l’œuvre de Daghsni, qui n’en est pas à son premier essai théâtral, la complexité de la pièce, où le spectateur a du mal à trouver ses repères. La même scène se répète pendant presque toute la durée de la représentation, tandis que la quasi-inexistence de décors complique davantage la compréhension de la pièce. Néanmoins, il va sans dire que le jeu des acteurs, notamment le duo Balaadj-Kechikar, reste à saluer, tant leur interprétation était impeccable.
Dans un contexte politico-religieux instable, agité et radicalisé de par le monde, dans les pays arabes notamment, le metteur en scène, approché à la fin de la représentation, dira avoir voulu s’éloigner des thèmes classiques abordés généralement au théâtre. “J’ai voulu transcrire cet affrontement entre politique et religion. J’avais cette responsabilité de présenter quelque chose qui revêt une importance considérable dans nos pays. C’est pour ça que j’ai voulu traiter du rapport entre la religion et la science.” Et d’ajouter : “Dans un contexte conflictuel et destructeur qu’ont créé la science et le radicalisme religieux, j’ai voulu m’interroger sur la place de l’amour dans tout ça.”


Yasmine Azzouz



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