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Culture / Culture

Table ronde animée par Salah Badis et Guy Dugas au SILA

La traduction littéraire, une ouverture sur le monde interculturel

Les intervenants à l’espace France. © D.R.

Lors de cette rencontre, les deux intervenants ont discuté autour de la traduction littéraire, qui permet de “s’ouvrir à l’autre”.

La traduction littéraire était au cœur d’un débat lors d’une table ronde animée par l’auteur et traducteur Salah Badis, et l’universitaire spécialisé de littérature comparée Guy Dugas. Cette rencontre, qui s’est tenue mardi dernier au 24e Sila (Salon international du livre d’Alger), a tourné autour de la traduction des romans en langue française vers l’arabe, et ce, à travers les ouvrages Congo d’Eric Vuillard, traduit par Salah Badis (disponible aux éditions Barzakh) et Chaqiq el rouh (frères d’âme) de David Diop aux éditions El Kalima. 
Lors de son intervention, Guy Dugas a d’emblée interrogé : “Traduire est-ce trahir ou s’ouvrir ?”, une expression qui, selon l’orateur, est utilisée dans tous les pays, “mais à l’heure de l’interculturel et la mondialisation, il faut revoir ces points de vue”. Car la traduction c’est “s’ouvrir sur l’autre”, il a cité comme exemple une métaphore d’un collègue universitaire : “Le traducteur est comme un douanier qui se situe aux frontières et surveille les passages. J’aime cette notion de frontières ; les langues sont aussi des frontières, elles bloquent et il faudrait trouver le moyen pour les sauter.” Dans le même sillage, Salah Badis a soutenu qu’en’“Algérie, nous sommes sur les deux frontières, nous n’assumons ni le français ni l’arabe”. Concernant la littérature dite nationale, M. Dugas a estimé que cette notion se résume à l’“enfermement”, tout en expliquant : “La littérature nationale, c’est vivre qu’avec son propre patrimoine littéraire dans un monde multiculturel. Dans ce dernier, il faut éclater les frontières et faire passer les littératures d’une façon que d’autres cultures puissent s’approprier d’autres patrimoines.” 
En effet, dans son travail, le traducteur ne doit pas seulement s’“approprier” la langue mais tout ce qu’elle possède, il doit “connaître le pays de l’autre” (l’écrivain, ndlr). En fait, le traducteur ne doit pas s’approprier seulement le texte mais de tout “le contexte culturel, géographique, historique, sociologique…La physionomie d’un texte, comme l’appelait Stendhal, est non pas de rendre le texte à la lettre, il faut le restituer dans la langue cible (langue de traduction)”, a fait savoir le comparatiste. Par ailleurs, dans son intervention, Salah Badis a évoqué la traduction de Céline, en indiquant : “Nous avons deux écoles, l’une demande de rendre dans la traduction en arabe l’étrangeté du texte de l’écrivain, et une autre de le rendre plus lisse, plus accessible”, tout en questionnant laquelle devait être prise en compte. 
Sur ce point, l’universitaire était catégorique en signifiant que “toute langue à son génie propre, il faut par tous les moyens rendre l’étrangeté et ce qui fait sa spécificité. Ce n’est pas le même, il diffère selon les langues, il ne faut pas le délier”.  Enfin, sur le questionnement : un traducteur peut-il expliquer ? Guy Dugas a souligné qu’“expliquer est un danger, car c’est une traduction littéraire. On ne peut expliquer, par exemple, ce qui se fait dans un pays, sinon cela devient un guide touristique, le rôle du traducteur n’est pas d’expliquer un texte mais le rendre dans sa langue, en respectant sa physionomie”. 
 

H. M.



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