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Culture / Culture

Rencontre avec Mohamed Larbi Merhoum à l’ESPACO

L’architecture algérienne et sa modernisation en débat

De gauche à droite : Mohamed Adel Souami, Leila Oubouzar, Chérif Hamouche, Mohamed Larbi Merhoum et Yassine Ouagueni. © D. R.

La galerie d’art d’El-Achour a abrité, dans la soirée de jeudi, une rencontre sous le thème “Modernité algéroise, fantasme ou réalité ?”, avec, entre autres, Mohamed Larbi Merhoum, Chérif Hamouche, Leila Oubouzar et Mohamed Adel Souami. Ils étaient six architectes à prendre part à une rencontre inédite à l’Espace d’art contemporain (Espaco) jeudi dans la soirée, afin de parler du passé, du présent, mais aussi du futur de leur noble métier.

Eux, sont les Mohamed Larbi Merhoum, Chérif Hamouche, Mohamed Adel Souami, Leila Oubouzar et Yassine Ouagueni, qui ont eu, à travers un débat intergénérationnel réunissant des sensibilités et des expériences différentes, sur “la modernité algéroise”, qui se mue presque en “une quête obsessionnelle”, pour reprendre les propos de M. Merhoum. Au milieu des cimaises de la galerie d’art, auxquelles étaient accrochées par ailleurs une série de travaux de l’architecte retraçant 25 ans de métier, au cours desquels il a pu livrer, entre autres, des projets comme le siège Sofinance de Sétif ou encore la bibliothèque communale du Telemly (Alger), le quintet est revenu sur l’histoire de l’architecture algérienne et son évolution. Sur la question de la modernité de la capitale algérienne, elle est passée au tout logement après l’indépendance et jusqu’à ce jour. “À cette période, on formait des bâtisseurs plus que des architectes. On est passé au tout-logement jusqu’à ce jour. Pour les autres projets, comme les mosquées, on ramenait des architectes orientaux, tandis que pour la construction de gares, palais de justice ou autres universités, on faisait appel à des Occidentaux”.

L’architecture de cette période était plus animée par une démarche fonctionnaliste et rationaliste, une logique “exacerbante” dans la mesure où les architectes fraîchement diplômés se retrouvaient à “travailler avec du préfabriqué”. Une étape cruciale dans l’histoire de l’architecture algérienne voit le jour, avec le départ massif des enseignants occidentaux. “Pour prendre le relais, il y avait les assistants algériens. Cette génération, à laquelle appartient Larbi, se retrouve coincée dans un débat auquel elle n’a pas participé. Ils étaient obligés de devenir les premiers autodidactes de l’architecture.” Pour Leila Oubouzar, beaucoup de choses ont avancé dans le domaine ces vingt-cinq dernières années. Un progrès rendu possible en premier lieu grâce à “une volonté de sortir de cette conception étroite de l’architecture, du patriotisme et des dogmes”.

Le regard d’un architecte de la “nouvelle génération” a été exprimé à travers l’enseignant à l’École polytechnique d'architecture et d'urbanisme, Mohamed Adel Souami. Ce dernier s’est demandé si parler d’architecture moderne est nécessairement synonyme d’Occident et d’apanage des Occidentaux ? On se rend compte que la fameuse phrase dite par Le Corbusier “l’architecture est le jeu magnifique des volumes sous le soleil”, qu’il a peut-être faite après avoir visité Alger. On comprend alors que beaucoup de fondements de l’architecture moderne sont venus ou ont été puisés de l’Extrême-Orient, de l’Afrique. Pour l’intervenant, parler d’architecture c’est aussi parler de rencontres, car l’histoire de cette discipline en Algérie s’est surtout construite grâce à des hommes et des femmes. “De Jean Jacques Deluz, Eisenman, à Ouadfel et tant d’autres et qui ont fait qu’à un moment on découvre une passion et on creuse dedans”, a lancé le conférencier.
 

Yasmine Azzouz 



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