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Culture / Culture

Rencontre autour de “La question de la migration forcée et des réfugiés” au cinéma

Le documentaire pour contrer les préjugés politiques

Les intervenants de la rencontre virtuelle. © D.R

 Meryem Belkaïd et Ikbal Zalila, critiques de cinéma, ont évoqué, dans une rencontre virtuelle, divers sujets ayant trait aux problématiques migratoires et leurs représentations à travers les documentaires algériens et tunisiens.

“La question de la migration forcée et des réfugiés” était la thématique d’une rencontre virtuelle organisée par Goethe Institut de Tunis sur sa page Facebook. Modérée par la journaliste et réalisatrice Leïla Beratto, ce rendez-vous a réuni l’Algérienne Meryem Belkaïd (Assistant professor à l’Université de Bowdoin College, aux USA. Elle “prépare actuellement un ouvrage sur le cinéma maghrébin et la manière dont le genre documentaire se développe en Algérie, depuis la fin de la décennie noire”) et le Tunisien Ikbal Zalila (universitaire, critique de cinéma et ancien directeur artistique des JCC). 

Dans leur intervention, ils ont évoqué les divers sujets ayant trait aux problématiques migratoires, notamment leurs représentations au cinéma ; la place du filmeur (cinéaste) face au filmé (protagoniste) ; ainsi que le discours proposé par les documentaristes algériens. 

Myriam Belkaïd a d’emblée indiqué que dans le cinéma algérien, “si on prend la migration dans le sens large du déplacement”, elle est abordée de différentes façons car les départs depuis l’Algérie vers le Nord “nourrissent” un certain nombre de films. 

Aussi, les migrants subsahariens qui “passent ou s’installent dans le pays” suscitent de l’intérêt. Selon la critique, ces documentaires s’inscrivent dans un contre-discours hégémonique, “en effet, occidental qui a sa propre représentation médiatique”. Ce positionnement des cinéastes algériens est également appliqué dans leur pays. À ce propos, elle a cité pour exemple Afric Hotel (2009) de Nabil Djedouani et Hassen Ferhani, tourné au moment où Alger célébrait le 50e anniversaire du Festival panafricain.

“Un geste clair de vouloir contrecarrer ce discours d’une Algérie à la tête du panafricanisme. Sans filmer le festival, ils montrent sans victimisation et misérabilisme des migrants qui ne sont pas forcément dans des conditions de vie satisfaisante.”  Pour Myriam Belkaïd, ces faiseurs d’images essayent “consciemment” ou pas de “construire” une représentation différente, plus intéressante de ce que les médias ont tendance à “offrir comme misérabilisme” sur la question migratoire. 

Par ailleurs, le phénomène de la harga est un sujet qui revient souvent dans la fiction ou le docu. En fait, il y a une “volonté” de représenter ces personnes ou personnages au cinéma, comme cela a été le cas dans le long-métrage Harraga de Merzak Allouache ou dans le court-métrage Harguine harguine  de Meriem Achour Bouakaz. À travers cette démarche, les réalisateurs tentent de sortir les migrants clandestins de ce “stéréotype du désespoir et du voyage improvisé”. Il y a une “volonté de donner la parole au parcours et de redonner ainsi le contrôle sur le discours”, a conclu l’autrice. 

Concernant l’expérience tunisienne, Ikbal Zalila a signalé que les réalisateurs tunisiens ont commencé par s’intéresser dans un premier temps à la migration intérieure (l’exode rural), ensuite ils se sont penchés dans la fiction sur “l’émigration vers la France, comme Demain je brûle. C’est un thème qui traverse le cinéma tunisien mais ne se décline pas de la même manière, car il y a une évolution du phénomène”, a-t-il précisé. Et d’expliquer : “C’est un thème qui s’est sur-politisé, il est instrumentalisé par les politiques du Nord, notamment par la droite qui voit dans la migration un danger pour la laïcité et la sécurité de l’État.” Tout en poursuivant : “Le contre-discours est timide puisque les propositions du Sud restent en terme quantitatif moins important.” 

À cet effet, il estime que le 7e art peut “infléchir” ces discours sur l’extradition des immigrés ; le cinéma indépendant et engagé qui possède  un “levier politique” peut remettre en cause les “grandes questions politiques européennes et américaines au sujet de l’émigration”.

 

 


H. M.


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