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Culture / Culture

DeuxiÈME consultation internationale sur la situation de l’artiste

“Le ministère de la Culture doit jouer le rôle d’accompagnateur et non de producteur”

La productrice Adila Bendimerad. © D.R

Présidée par Salim Dada, secrétaire chargé de la production culturelle, cette rencontre, ayant réuni des producteurs, des chorégraphes et des artistes peintres, était une occasion pour évoquer les diverses problématiques qui touchent le secteur.

Dans le cadre du mouvement “ResiliArt” lancé par l’Unesco, le secrétariat chargé de la production culturelle a organisé en visioconférence la deuxième consultation internationale multipartite sur la situation de l’artiste face aux crises. Cette rencontre, qui s’est tenue le 16 mai (disponible sur Youtube depuis mardi), a réuni des personnalités algériennes d’ici et d’ailleurs, de différents domaines, notamment du cinéma, de la chorégraphie, des arts plastiques, du théâtre…À cette occasion, les participants sont revenus sur diverses problématiques qui touchent le secteur, à savoir la condition professionnelle de l’artiste et la liberté de création.

Interrogée sur le secteur cinématographique, la scénariste et productrice Adila Bendimerad a martelé, à propos de ce secteur en crise, qu’il devrait se détacher du ministère de la Culture. Tout en s’insurgeant sur la situation précaire des professionnels, car ces derniers n’arrivent pas à travailler pour moult raisons. “Il y a une série d’empêchements. Si elles sont levées, elles permettront à l’artiste de travailler. Nous sommes dans un pays où il y a des structures, des mécanismes, des fonds, etc. Si elles sont activées, nous pourrons travailler, créer de la culture, des œuvres et de la richesse”, a-t-elle expliqué.

Et d’insister sur le fait qu’“il faut libérer les énergies”. À cet effet, elle a proposé une série de solutions intitulées “Les levées d’empêchements”, composées de nombreux points ; ces “levées” consistent en la libération des agréments des salles de cinéma et de spectacles, ainsi que des visas d’exploitation. Il est question, entre autres, de venir en aide aux coopératives de théâtre et de danse qui “ne bénéficient plus d’aide pour exister”. Selon la comédienne, le ministère de la Culture n’a pas à “financer un film, sinon cela deviendrait une œuvre de commande. Il faut qu’il sensibilise les wilayas, l’audiovisuel et les opérateurs économiques à investir dans le cinéma”.

Dans le même sillage, l’architecte d’intérieur et commissaire d’expositions Feriel Gasmi Issiakhem estime que le ministère de la Culture est “là comme régulateur pour accompagner les projets et non comme producteur”. Elle a appuyé son propos en citant pour exemple le marché de l’art organisé, il y a deux ans, au Palais de la culture d’Alger. “Il y a énormément de collectifs dans la société civile capables de savoir ce qu’ils veulent faire ou veulent montrer comme activités culturelles, qui ressemblent à leurs attentes”, a-t-elle souligné.

Ce marché des arts a été vécu par cette professionnelle comme une “grande foire dans le sens péjoratif du terme (prix affichés sur les toiles)”. Et de préciser : “Le ministère doit accompagner les projets viables qui peuvent représenter une ressource économique pour le pays. Les artistes, les galeries, les managers ont plus besoin de l’appui d’un ministère pour faire entendre leurs voix avec leurs différents homologues, notamment les wilayas, les APC, les ministères…” 

Concernant la chorégraphie et la danse, une discipline fortement occultée, Abou Lagraâ (chorégraphe, fondateur de la compagnie la Baraka) est revenu sur son parcours en France où il a créé un studio chorégraphique en Ardenne, ainsi que sur le projet “Le ballet contemporain d’Alger” réalisé en 2010 avec le soutien du ministère de la Culture et l’AARC. “Nous avons formé dix danseurs algériens, qui ont fait 180 dates dans le monde.

L’aventure s’est arrêtée en 2012, j’aurais aimé qu’on aille jusqu’au bout, mais cela n’a pas abouti avec l’ancien ministère. D’ailleurs, les danseurs ne sont pas revenus en Algérie, sauf un, et ils sont très sollicités en Europe.” Pour lui, cette discipline pourrait se développer dans le pays, seulement si tous les moyens sont mis en place, notamment les studios, les pédagogues…

En somme, cette deuxième consultation a permis aux intervenants de faire le tour d’horizon sur leurs domaines respectifs, qui souffrent de nombreux problèmes, entre blocages, absence d’espaces, mais surtout la mainmise du ministère de la Culture qui joue le rôle de producteur au lieu d’accompagnateur.

Pour rappel, une première consultation internationale multipartite sur la situation de l’artiste en temps de crise a été organisée le 4 mai dernier. Présidée par Salim Dada, secrétaire chargé de la production culturelle, la rencontre a réuni des artistes, des écrivains et des acteurs culturels d’Algérie et de plusieurs pays étrangers. 

 

 


H. M.


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