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Culture / Culture

“Afro cirkus” à l’opéra d’Alger Boualem-BessaÏh

Le talent face au désespoir

La troupe Afro Cirkus ©D. R.

Après la Guinée et la France où il a été monté, le spectacle “Afro Cirkus”, mêlant danse, acrobaties et chant se tient pour la première fois en Algérie, du 23 au 27 mai, à l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh, pour sa programmation spécial Ramadhan.

Avec leurs allures de guerriers et leurs yeux pleins de fierté, et ô combien fougueux, les danseurs de la troupe Afro Cirkus donnaient la première représentation des cinq soirées (23, 24, 25 et 27 mai) organisées à l’Opéra d’Alger par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC). Cet “itinéraire du continent africain”, qui démarre des fins fonds de la Guinée, en passant par l’Algérie, suit le périple de Guinéens interprétés par des orphelins recueillis par le directeur de la troupe, Yamoussa Camara Junior. Un voyage qui mettra en lumière les difficultés rencontrés par ces jeunes, mais aussi leur formidable énergie et leurs espoirs. Ce périple, qui traverse toute l’Afrique et qui est mis en scène au travers de la danse, du chant et d’acrobaties, renvoie aux désastres que sont le chômage et la déperdition dans les pays du continent noir, et qui poussent, dans la plupart des cas à l’immigration clandestine. Celle-ci est  bien entendu le point de départ de ce spectacle, mais c’est à travers elle paradoxalement, que nos candidats à l’immigration découvrent tout leur potentiel et leur humanité. Au fil des tableaux où les jeunes circassiens exécutent des figures imitant la flore et la faune — oiseaux principalement — le voyage prend des allures de quête personnelle d’un côté, où chaque individu déploie tout son potentiel, mais collective aussi, car dans la même embarcation, les dix jeunes sont déjà réminiscents de la terre qu’ils viennent de quitter, et comprennent peu à peu que leur avenir ne peut se faire qu’au pays natal. L’acteur Athmane Bendaoud, qui campe le rôle d’Akli Aberkane, un pêcheur doublé de passeur de harragas est le fil rouge de deux espaces et deux cultures, atteints pourtant par les même maux. Découvrant leur superbe talent, il les persuade peu à peu de laisser tomber leurs desseins de quitter l’Afrique, pour faire profiter, de leur don, tout un contient qui a besoin d’espoir et d’évasion en ces temps sombres. Musicalement également, le spectacle recèle des trésors tirés du terroir guinéen, le claviériste malien Cheick Tidiane Seck qui exécute des rythmes mandingue, en parfaite synchronisation avec la chorégraphie de la troupe. Des sonorités funk et rock, selon les personnalités des acrobates qui s’avancent un à un au milieu de la scène en freestyle, communiant avec leur public qui ne s’est pas fait prier pour couvrir d’applaudissements les enchaînements de figures sur un mat chinois, en main à main, de contorsions et de danse.
Créé à l’occasion des vingt ans du Cabaret sauvage, à sa tête l’Algérien Meziane Azaïche, le spectacle, qui a été lancé à la fin de l’année dernière en France puis en Afrique, a été monté par Yamoussa Camara Junior, lui-même issu du cirque baobab, “première expérience africaine du cirque aérien”, qui prendra de jeunes Guinéens orphelins sous son aile. À noter enfin que les prix des tickets sont comme suit : 2 500 DA (devant de la scène), 2 000DA (fond de la salle) et 1 500 DA (balcon).

Yasmine Azzouz



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