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Culture / Actualités

Projection de “Headbang’s lullaby” et “Amal’s garden”

Les conflits politico-sociaux, du réalisme à l’absurde

©D. R.

La dernière journée du Afac film week, organisé à la salle Atlas du 8 au 10 septembre par le ciné-club Cinuvers, a été ponctuée par la projection du documentaire “Amal’s garden”, et du  long métrage Headbang’s lullaby (Darba f’rras), respectivement de l’Irakienne Nadia Shihab et du Marocain Hicham Lasri.
Les deux œuvres ont pour toile de fond la situation politique et sociale des deux pays, à deux époques distinctes. Pour évoquer ces problèmes, Lasri revient sur les émeutes du pain, dans le Maroc des années 1980. Les déboires d’un peuple livré à lui-même, la pauvreté et les conflits interethniques sont le pivot de cette œuvre qui mise essentiellement sur la technicité. La muse de Lasri, Latefa Ahrrare, qui campe le rôle de Rita – nom d’un autre personnage incarné dans Starve your dog – forme avec son partenaire  Aziz Hattab (prix du meilleur acteur au Festival du film de Tanger) un duo improbable, mais qui se comprend à bien des égards. Les douleurs et le vécu de chacun d’eux trouvent écho chez l’autre qui, malgré ses différences, fait montre d’une grande réceptivité. Rita est, de tous les personnages du film, celle qui le comprend le mieux, qui lui fait entrevoir un espoir qu’il avait perdu. Car Daoud, le flic grâce auquel nous suivons le cheminement de cette trame, a un job qui ne le satisfait plus et une vie conjugale basée sur le manque de communication. Ce conflit intérieur se cristallise alors qu’il est de service, sur un pont sous lequel Hassan II devrait passer dans la journée. Si les premiers moments passés sur le pont sont difficiles, un côté plus humain se développe en lui, au contact des habitants de Pespi et de Coca, deux bidonvilles rivaux. Comme un patchwork, composé de flashbacks, d’introspections et de l’imagination de Daoud, cette œuvre fantasmagorique, bien qu’ancrée dans la réalité sociale du Maroc des années 1980, forme un ensemble qui met en lumière les conséquences de l’avilissement d’un peuple. Pauvreté, intolérance et  violence sont le lot quotidien de ces habitants.  Dans un style plus réaliste, Nadia Shihab traite des conséquences des guerres en Irak à travers le couple formé par sa tante, Amal, et son époux, Mustapha. Dans leur maison à Kirkouk, au nord de l’Irak, Amal s’attelle à reconstruire sa maison après la guerre. De ces tranches de vie, il y a de l’espoir, de la tolérance, et de l’amertume aussi, envers cette guerre qui les a déracinés. “Nous avons fui la guerre menée par les Américains, puis celle des Arabes d’Irak”, dira, découragée, Amal. Malgré cet équilibre fragile, le couple semble s’accrocher malgré tout à la vie. Des courses au marché, à leurs petites querelles du quotidien, en passant par les chants entonnés par le vieux Mustapha dans le petit jardin de la famille, la réalisatrice livre une œuvre à la sensibilité assumée.
Une belle leçon de coexistence aussi, entre les drapeaux turkmène, irakien et kurde qui flottent dans la cité et les escapades au marché du village où Amal fait la rencontre d’un jeune maraîcher arabe, qu’elle prend sous son aile…  

Yasmine Azzouz



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