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Culture / Culture

Youcef Baaloudj, premier lauréat du prix de l’instance arabe du théâtre pour enfants, à Liberté

“Les textes de théâtre pour enfants sont traités superficiellement en Algérie”

Youcef Baaloudj, auteur, journaliste et fondateur de Podcast Arabia et Adab Prize. © D.R.

Journaliste, auteur, fondateur des plateformes Podcast Arabia et Adab Prize, Youcef Baaloudj a décroché, dernièrement à Sharjah (Émirats arabes unis), le premier prix de l’Instance arabe du théâtre pour enfants pour son texte Kem kem mared el-koutoub, un autre trophée qui s’ajoute à la longue liste des distinctions déjà reçues. Dans cet entretien, le jeune dramaturge revient sur l’écriture de ce texte, la place du théâtre pour enfants en Algérie, et le film réunissant de jeunes podcasters algériens, dont il est le scénariste.

Liberté : Vous venez de recevoir le premier prix de l’Instance arabe du théâtre pour enfants qui s'est tenu dernièrement à Sharjah. Le sujet de votre texte traite de la lecture, ou plutôt du désintérêt de la lecture chez les enfants...
Youcef Baaloudj : La lecture est très importante pour l’enfant. J’ai constaté qu’avec toute la technologie mise à sa disposition, elle n’est plus un moyen de divertissement pour lui.
Ce que j’ai essayé de faire avec ma pièce “Kem kem mared el-koutoub” a été de démontrer que la lecture peut, au contraire, devenir ludique et attrayante.
Elle n’est pas moins divertissante que les jeux vidéo, les films ou les séries télévisées. L’enfant peut passer d’agréables moments plongé dans les pages d’un livre.

Votre texte fera l'objet d'une publication, qui sera aussi accompagnée d’illustrations. Avec quel dessinateur aimeriez-vous collaborer ?
En vérité, une clause dans le règlement stipule que l’Instance arabe du théâtre pour enfants a le droit d’imprimer le livre trois ans après l’annonce des résultats. Je n’aurai pas de droit de regard sur le travail de publication, et je ne pourrai pas non plus suggérer le nom d’un dessinateur par exemple pour accompagner le texte.
Ce que je souhaite en tout cas, c’est une publication indépendante. J’ai appris que les textes primés feront peut-être l’objet d’un ouvrage collectif, chose que je ne souhaite pas, même si cela est destiné exclusivement à l’Algérie.

Vous avez expliqué que vous sélectionnerez des travaux pour l’adaptation de votre texte en pièce théâtrale. Quels seront les critères de sélection ?
Pour le choix de la production qui prendra en charge mon texte, le critère sera de mettre en valeur mon travail, tout en offrant les conditions adéquates pour sa promotion et sa commercialisation. En ce qui me concerne, la dernière expérience que j’ai eue avec le théâtre régional de Skikda fut très mauvaise. J’ai décidé d’être plus exigeant dans le choix des metteurs en scène de mes pièces théâtrales. Pour le moment, j’ai reçu trois propositions nationales et une étrangère. L’une d’elles m’intéresse tout particulièrement, mais je vais prendre le temps qu’il faut avant de signer le contrat, afin de ne pas faire d’erreur.

Les auteurs pour enfants ne sont pas nombreux en Algérie, et les publications pour la jeunesse se font rares, mis à part les ouvrages scolaires ou parascolaires. Quel constat faites-vous du marché du livre jeunesse en Algérie ?
Permettez-moi de vous poser la question autrement : porte-t-on un réel intérêt à la minorité qui écrit des livres pour enfants en Algérie ? Savez-vous que jusqu’à présent, je n’été convié à aucun évènement dédié à l’enfance au niveau national. Et ce, ni dans le domaine de la lecture, ni lors de la Journée mondiale de l’enfance, ni même à l’occasion de rencontres-débats autour de ce thème ! Lors de la manifestation “Constantine, capitale de la culture arabe”, un programme complet consacré à l’enfant avait eu lieu. A-t-on entendu parler de cela ? Je ne crois pas, même le grand public n’était pas au courant. Si l’on comprend que c’est ainsi que le livre pour enfants est appréhendé, imaginez-alors comment les auteurs de la littérature jeunesse sont traités.

Le théâtre pour enfants non plus n’est pas mis en avant. À part quelques pièces, le niveau du 4e art destiné aux enfants est appelé à s’améliorer. Quel est votre avis là-dessus ?
Je crois que le plus gros problème n’est pas le nombre de productions. Les textes destinés au théâtre pour enfants sont traités superficiellement en Algérie.

Beaucoup prennent à la légère cette écriture, volontairement ou non, toujours est-il que nous sommes dans une époque où l’enfant a le choix entre plusieurs programmes pour se divertir. Des milliers de chaînes de télévision, des sites internet, des jeux vidéo…
Le vrai défi sera d’essayer de susciter l’intérêt de l’enfant vis-à-vis du théâtre, lui inculquer son importance, l’emmener voir des spectacles, ludiques et éducatifs à la fois. Si on atteint cet objectif, les choses peuvent s’améliorer.

Vous êtes également le scénariste d'un film réunissant plusieurs podcasters, sous la direction de Yahia Mouzahem. Pouvez-vous nous donner plus de détails autour du projet ?
Le film est un projet qui réunit un groupe de jeunes qui ont fait leurs preuves dans la comédie à travers les réseaux sociaux.
Depuis le début de ce travail en janvier 2017, nous faisons l’objet d’attaques et de critiques injustifiées de la part de certaines personnes du domaine cinématographique. En particulier des acteurs qui ont boudé des dizaines de projets réalisés ces dernières années, mais qui ont jugé que ce projet consacré à une catégorie particulière était un manque de considération envers eux et leur talent.
Nous organiserons bientôt une conférence de presse pour dévoiler tous les détails autour du film, surtout après la polémique suscitée par les propos de Salah Aougrout. En attendant, je préfère parler de détails et du synopsis du film en temps voulu.

Il y a une année, vous avez lancé la plateforme Adab Prize, qui répertorie et met au service d’utilisateurs algériens et du monde arabe des informations autour des prix littéraires nationaux et internationaux. Pouvez-vous nous donner quelques chiffres depuis la création de votre plateforme ?
Nous avons près de 18 000 abonnés sur la page facebook d’Adab Prize. En une année, nous avons répertorié une centaine de prix nationaux, arabes et même internationaux. Nous recevons des dizaines de lettres chaque mois, dans lesquelles les gens nous remercient pour l’effort que nous fournissions afin de relayer ce genre d’informations, à destination des créateurs d’une manière simplifiée, car beaucoup de temps et d’efforts sont économisés. Beaucoup de membres du groupe officiel ont été primés par ces mêmes prix que nous répertorions sur notre plateforme électronique.
C’est un honneur pour nous, parce que le service que nous proposons devient un tremplin pour eux.


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