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Culture / Culture

3e grand prix “Assia Djebar” du roman

L’œuvre de feu Nourredine Saâdi primée

Merzak Baktache, lauréat dans la catégorie langue arabe ©D. R.

Quelques jours seulement après sa disparition, l’écrivain Nourredine Saâdi a été récompensé pour son roman Boulevard de l’abîme (éditions Barzakh) dans la catégorie meilleure œuvre en langue française, lors de la troisième édition du grand prix “Assia Djebar” du roman.

La cérémonie de remise des prix de la 3e édition du grand prix “Assia Djebar” du roman s’est déroulée avant-hier au Centre international des conférences (CIC) au Club des pins (Alger), en présence des ministres de la Culture, de la Communication et de l’Éducation nationale, respectivement Azzedine Mihoubi, Djamel Kaouane et Nouria Benghabrit, ainsi que d’écrivains et de journalistes. Organisé conjointement par l’Enag (Entreprise nationale des arts graphiques) et l’Anep (Agence nationale d’édition et de publicité), le jury, à sa tête l’universitaire et critique Naget Khedda, a eu à départager 71 titres – entre romans, récits poétiques, sagas et témoignages – dont 24 en langue arabe, 5 en tamazight et 42 en langue française.
Le lauréat de cette dernière catégorie n’était autre que feu Nourredine Saâdi, disparu le 14 décembre, pour son roman Boulevard de l’abîme, sorti dernièrement aux éditions Barzakh. Pour tamazight, le récipiendaire du prix était Mustapha Zaârouri pour son roman Dwagui id asirmiw (c’est mon rêve), paru aux éditions El-Amel, tandis que l’écrivain Merzak Baktache a été récompensé dans la catégorie “meilleure œuvre en langue arabe” pour le roman Matar yaktoub sayratouhou (la pluie écrit son destin) des éditions Anep. La présidente du jury, Naget Khedda, déclarera, en larmes, à propos de la distinction posthume de M. Saâdi, que le décès récent de l’auteur de La nuit des origines n’est en aucun cas la raison de ce choix. “Je tiens à préciser que toutes ces considérations ne sont absolument pas entrées en ligne de compte dans la sélection de son roman qui a été l’objet d’un débat très serré”, a-t-elle lâché. Et de poursuivre : “Il a été sélectionné par l’ensemble du jury, c’est un honneur qui lui revient. Je me dois de dire aussi gloire à son travail, et paix à son âme.” Revenant sur la qualité du cru de cette année, avec 71 romans émanant d’une vingtaine de maisons d’édition, Khedda déplorera, en plus de la diminution de la production en langue arabe, “la forte proportion d’auteurs qui se recrutent plutôt dans une catégorie d’âge avancé”. Et de reprendre : “Mais rassurez-vous, les jeunes sont tout de même présents et parfois avec brio dès leur premier roman.”
Par ailleurs, la professeure se félicitera de “la légère augmentation des œuvres en tamazight”, en signalant toutefois que la production littéraire dans la langue de Massinissa se heurte à “deux difficultés majeures” que sont la maîtrise des structures du genre romanesque et l’assise du code linguistique tamazight. Des difficultés amenées à disparaître d’un côté, parce que cette écriture est “en phase d’initiation” et de l’autre, espère l’oratrice, “la propagation de l’enseignement de tamazight et le développement de sa littérature qui contribueront à l’aligner sur les deux autres langues”.
À l’exemple du prix “Miriam Makeba” de la créativité artistique institué cette année, le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi dira que le prix “Assia Djebar” acquerra une dimension internationale dans le futur, avec la participation d’auteurs étrangers, car l’autrice de Femmes d’Alger dans leur appartement possédait cette aura internationale, et dont les œuvres parlaient à tout un chacun.
À noter enfin que selon le directeur général de l’Enag, Hamidou Messaoudi, les droits d’auteur des œuvres d’Assia Djebar (Le blanc de l’Algérie, L’amour, La fantasia et La femme sans sépulture), et de Kateb Yacine – à hauteur de 50% pour ce dernier – ont été acquis, et seront incessamment traduites en arabe et tamazight, avec la coordination du HCA.

Yasmine Azzouz



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