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Culture / Culture

figure littéraire et révolutionnaire d’amérique latine

Luis Sepulveda, la lutte chevillée à la plume

© D. R.

Auteur  du  classique  Le  vieux  qui  lisait  des  romans  d’amour, le   militant, écrivain et réalisateur chilien Luis Sepulveda est décédé jeudi à l’âge de 70 ans. 

L’écrivain chilien Luis Sepulveda est décédé jeudi à Oviedo (Espagne). Hospitalisé depuis quelques semaines après avoir contracté le Covid-19, il a succombé à la maladie à l’âge de 70 ans. Cette terrible nouvelle ayant frappé l’univers littéraire a plongé tous les professionnels du livre dans l’émoi. L’annonce a été communiquée par le groupe espagnol Tusquets Editores, a rapporté l’AFP. Selon la même agence de presse, “l'auteur était hospitalisé depuis fin février à Oviedo, dans la région des Asturies (nord), où il résidait. Il avait développé les symptômes de la maladie au retour d'un festival littéraire au Portugal”.

Le premier roman de Luis Sepulveda lui vaut une entrée fracassante dans le milieu littéraire et deviendra une œuvre monumentale. Cette dernière est bien évidemment Le vieux qui lisait des romans d’amour (éditions Métailié, 1992), dont la citation “il possédait le seul antidote contre le venin de la vieillesse, il savait lire” est devenue culte. Vendu à plus d’un million d’exemplaires et traduit dans une cinquantaine de pays, il enchaîne une vingtaine d’ouvrages, entre romans, récits, nouvelles et contes pour enfants, à l’exemple d’Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler. L’écriture pour Sepulveda était sacrée, car comme il aimait le dire “raconter, c’est exister”. 

Outre le côté romanesque de l’écrivain chilien, Luis a marqué le monde, non pas  seulement   par  ses  œuvres, mais  aussi  pour  son  humanisme, son engagement  et  son combat  indéfectible  contre  les  dictateurs  des  pays d’Amérique latine. Avant de s’engager dans les salons littéraires, les ventes-dédicaces et autres rendez-vous mondain, il eut un parcours atypique, qui lui a valu un séjour en prison en 1973, sous la dictature du général Augusto Pinochet. 

Né  en  1949  à  Ovalle (Chili), il  commence  très  jeune  à militer  dans  les jeunesses communistes. Condamné à 28 ans de prison pour son soutien au président Allende. Il passe deux ans et  demi en prison  avant  d’être  gracié suite à l’intervention d’Amnesty International. 

Cette peine commuée en exil, il quitte le Chili pour la  Suède. Suite  à  cette mésaventure, il voyage dans plusieurs pays d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Europe, tout en poursuivant son combat auprès des peuples opprimés. Dans les années 80, il rejoint Greenpeace. Homme aux multi-facettes, Luis Sepulveda touche également au  7e art, sous plusieurs casquettes (scénariste, comédien, réalisateur, producteur…).

Dans toutes ses créations littéraires ou cinématographiques, Luis porte son engagement pour les pays sud-américains et l’écologie. Sa disparition a d’ailleurs attristé ses millions de lecteurs et toute personne l’ayant côtoyé, à l’exemple de son éditrice Anne-Marie Métailié, qui lui a rendu hommage sur twitter. “Luis Sepulveda était un formidable conteur d’histoires. Un écrivain majeur. Sa vie aventureuse dans l’Amérique latine des dictateurs avait forgé son regard politique. 

Militant écologiste, il a su transmettre ses convictions à travers des œuvres inoubliables qui l’ont fait connaître et aimer dans le monde entier”, a-t-elle témoigné. Et de poursuivre : “J’avais rencontré Luis Sepulveda, alors inconnu, en avril 1992, et au long de ces 28 années de voyages, de galères et de succès, nous avons été des amis fraternels.

De vrais amis.” Pour sa part, le ministre français de la Culture, Franck Riester, a posté : “Homme de luttes et d’engagements, Luis Sepulveda a conservé toute sa vie un profond attachement à son continent natal.

Nous perdons aujourd’hui un écrivain de talent, une grande conscience écologiste et humaniste qui s’exprimait toujours avec une lumineuse simplicité.” Luis Sepulveda, qui aimait “raconter, pour exister”, n’est plus, mais ses écrits resteront pour raconter l’humaniste qu’il était. À rappeler que la première personnalité culturelle décédée par le coronavirus est le saxophoniste Manu Dibango, le 24 mars dernier.
 

H. M.

 

 


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