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Culture / Culture

Catherine Belkhodja, artiste peintre, à “Liberté”

“Mes racines algériennes surgissent dans mes peintures”

© D.R.

Fille d’un Algérien originaire des Aurès, membre de l’ALN durant la guerre de Libération nationale, et d’une mère française, Catherine Belkhodja assume parfaitement sa double culture des deux rives de la Méditerranée. Née à Paris en 1955, c’est à Alger qu’elle fréquentera le lycée, puis l’École des beaux-arts, avant de revenir en France où l’attend une longue carrière d’actrice, réalisatrice, journaliste, femme de théâtre, éditrice et artiste peintre. En cette soirée froide et pluvieuse de fin novembre, la galerie Velo Gepetto, sise rue Jussieu dans le 5e arrondissement de Paris, accueille du 26 au 30 du mois courant une exposition de cette artiste, dont les 5 enfants sont tous dans les métiers des arts, particulièrement le cinéma, le théâtre et la peinture. Lors du vernissage, Catherine Belkhodja a bien voulu accorder un entretien à Liberté.

Liberté : Quels sont les thèmes de votre exposition ? 
Catherine Belkhodja :
L’environnement, la femme et les racines sont mes thèmes de prédilection. Cette exposition fait suite à celle qui a eu lieu à la Cité internationale des arts et qui avait comme thème la tortue. J’ai représenté une carapace de tortue étoile qui est une espèce en voie de disparition. Je travaille beaucoup sur les espèces qui risquent de disparaître. Une toile qui fait partie de la série “Les entrailles de la terre” est un clin d’œil à la splendeur de la nature, avec des couleurs de feu, d’or, de cuivre. La femme est également très présente, comme dans cette toile qui fait allusion à celles qui souffrent. 
En France, il y a une femme qui meurt tous les deux jours assassinée par son compagnon ou son ex- compagnon, c’est terrible. Or on ne mobilise pas encore suffisamment les gens, les associations et les pouvoirs publics sur ce phénomène. 

La femme dans vos peintures, c’est aussi la vie...
Oui, des toiles représentent la femme dans toute sa splendeur, sa jubilation, son envie de créer, d’aimer, d’avoir des enfants, de donner du bonheur, de voyager et de répandre le bonheur autour d’elle. D’ailleurs, une toile géante s’appelle la Jubilance. Il y a aussi le portrait de ma fille Isild qui est actrice, peintre et réalisatrice. 

Des symboles de l’Algérie sont omniprésents dans vos peintures…
Un tableau exposé d’ailleurs au Centre culturel berbère de Drancy représente cet élan vers le pays de mon père. Je sens que de plus en plus je me tourne vers mes racines berbères, réparties entre les Aurès et la Kabylie où j’ai également des liens familiaux. Je retrouve, sans vouloir le faire exprès, tous les symboles de la culture algérienne, berbère, ces éléments qui se transmettent de femme en femme, de mère à fille, qui surgissent dans ma peinture. Quand j’étais petite, je ne connaissais pas beaucoup de choses de l’Algérie. Mon père ne m’expliquait pas tout, c’était la guerre, il me faisait transporter des tracts, mais ne voulait pas que je le sache. C’était compliqué. Après, j’ai découvert l’Algérie, et cela a été un coup de foudre absolu et définitif. D’une façon ou d’une autre, l’Algérie surgit dans mes œuvres, et d’ailleurs, c’est là-bas que j’ai commencé mes études secondaires, puis artistiques, avant de poursuivre en France. 
Ma mère est aussi présente, comme le montre un tableau représentant trois arbres qui me font penser à trois sœurs de ma famille, avec ma mère disparue, mais qui est toujours là sous la terre et qui nourrit nos racines.

Pour cette exposition avez-vous adopté un nouveau style ?
Oui, je travaille sur les gravures. Il y a des gravures sur lino, sur gomme, avec des encres, de l’acrylique, des collages, et je refais de la peinture par-dessus. 
Il y en a jamais deux pareilles. Elles ont beaucoup de succès, déjà par leur taille pratique, mais évidemment par la force qu’elles expriment. 
Ce sont surtout des visages de femmes à peine évoqués et qui interpellent l’imagination. 
Je n’omettrai pas de citer une toile qui renvoie à l’architecture, mon ancien métier. Je rêve toujours de sculpture, de maisons, de bâti, c’est très souple mais, au-delà, il y a toujours un rêve de structure solide. 
 

Entretien réalisé par : Ali Bedrici


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