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Culture / Culture

Exposition de Chafia Loudjici et Narimène Mezghiche à la galerie d’art iFru.design

“Mooqalth” ou l’alchimie de la photo et l’aquarelle

Les artistes Narimène Mezghiche et Chafia Loudjici © Louhal/Liberté

À l’instar du globe-trotter qui scrute l’horizon et s’informe sur la similitude qu’il y a entre lui et l’esprit novateur du beau, il y a cette envie de l’artiste peintre et du désir du photographe d’aller à l’horizon pour “Tamuɣli” (Contemplation) des êtres et des choses. À deux, elles vont là où l’œil de l’innovant va “aussi loin que porte” le regard. Soit au-delà même de l’ombre et de la lumière qui jalonnent “Deg uvrid n tudert” (Sur le chemin de la vie). Et lorsque le regard s’exprime en tamazight, le “Mooqalth” cesse d’être cette œillade de l’indifférence pour devenir la vision vers l’ouverture et autrui. C’est l’objectif derrière lequel s’est scellé le duo, la photographe Chafia Loudjici et l’aquarelliste Narimène Mezghiche, autour du pacte d’emboîter le pas au beau où qu’il se trouve. Pour ce faire, cap vers la taddert (village) Sahel, où Chafia Loudjici a cueilli dans sa chambre noire l’album de photos illustrant l’essentiel de scènes de vie qu’elle a immortalisées durant la 16e édition 2019 du festival itinérant Raconte-arts aux côtés de sa binôme Narimène Mezghiche.

Et depuis, ce qui a l’aspect d’un récit de séjour se feuillette à la galerie d’art iFru.design de la galeriste Amel Bara Kasmi où l’on perçoit l’air de “tin icennun s tjewwaqt” ou la Joueuse de flûte. En ce sens, fixer le motif d’une photo, c’est définir au préalable le non-dit de son sujet et de l’extraire pour le croquer et l’aquarelliser sur l’autel du beau. Héritière de l’esthétique qu’“offre la peinture sur verre, la peinture à l’huile et le fusain”, l’écrivaine Narimène Mezghiche esquisse les traits qui ne se voient pas à l’œil nu mais au sens que l’auteur de la “Promenade à Alger” (éd. Dalimen 2012) cultive pour le beau. Donc, autant dire qu’elle a l’œil qu’il faut et qui se cristallise ainsi sur une photo, jusqu’à s’enfouir dans le champ visuel de l’épreuve où l’auteure de “Promenade à Constantine” (éd. Dalimen 2015) quête l’utile et le chic dans ces feuillets de lumière.

Et s’agissant de la valeur esthétique de la photo, celle-ci s’évalue au faisceau de lumière que brode la photographe Chafia Loudjici qui s’auréole d’un talent acquis à l’école de l’autodidactie : “Dans la nature on ne voit bien qu’avec le cœur”, a déclaré celle qui a à cœur de se hisser à coup de “clics” au rang spécifique de la macrophotographie naturaliste. Surtout lorsqu’il s’agit d’orienter l’œilleton de la caméra sur l’infinitésimale petite coccinelle et sa robe pourpre tachetée qui se reflète sur le papillon ou plutôt ce symbole de la métamorphose à s’élever vers ce qu'il y a de plus élevé dans la vie, a-t-on su de cette passionnée de la photo de film noir et blanc dans le genre Les Jeux interdits (1952) de René Clément (1913-1996) d’après l’adaptation du roman Les Jeux inconnus de François Boyer (1920-2003). Donc, autant conclure que le “Mooqalth” du duo Chafia Loudjici - Narimène Mezghiche renferme en son iris l’éventail des arts qu’il y a dans l’existence de tous les jours. Pour s’en convaincre, le mieux est d’aller à la galerie d’art iFru.design sise au Télemly où il fait bon de feuilleter jusqu’au 9 octobre l’album de photos de Chafia Loudjici et les couleurs de Narimène Mezghiche

 

Nourreddine Louhal



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