Culture / Culture

SALON INTERNATIONAL DU LIVRE D’ALGER

Nouveautés au Sila

© D. R.

 

EL IBRIZ ÉDITIONS

Amel et ses sœurs (nouvelles) de Leila Souidi :
Les histoires de ce recueil, glanées au fil des ans, racontent un quotidien vécu par des femmes et refoulé au plus profond d'elles-mêmes, car “ce n’est pas convenable”. Elles parlent d’une société où les relations familiales et sociales au sens large pèsent de tout leur poids sur l’existence des femmes et des hommes. À travers cette série de personnages féminins, l'auteure a voulu faire apparaître une façon de vivre. Ces femmes ont tous les âges, elles sont célibataires, femmes au foyer, veuves ou divorcées, mais toutes sont prises dans un étau entre des aspirations vagues et un quotidien souvent tracé d’avance, où règne une violence ordinaire et où seule une soumission totale permet de survivre. Il n’y a pas d’échappatoire possible. Prix : 800 DA.

 

Avec toi, je perds mes repères de Fateh Boumahdi : 
“(…) En effet, c’est ce qui intriguait le plus Baya. Nassim avait plusieurs facettes, il était d’humeur changeante et complètement imprévisible d’une minute à l’autre, jouant plusieurs personnages à la fois. Un jour c’est l’image de l’homme idéal, puis c’est l’homme meurtri ; un autre jour c’est le protecteur, le bienveillant, puis le grand méchant loup, le marionnettiste qui veut vous manipuler, qui vous piétine sans pitié. Une fois il est votre bon samaritain, une autre fois c’est votre bourreau.” Tel est le calvaire que vit Baya. Une histoire d’amour maladive qui la bouleverse et que nous raconte Fateh Boumahdi pour dire cette jeunesse, parfois en détresse.

 

Vendredire en Algérie. Humour, Chants et Engagement de Karima Aït Dahmane : 
“Nous assistons à une histoire qui est en train de s’écrire en Algérie, nous vivons l’émergence d’une conscience politique nationale qui a surpris non seulement le pouvoir en place mais aussi toute la communauté internationale. On croyait que le peuple algérien était endormi et que la perspective du 5e mandat était acquise par les partisans de la continuité jusqu’au 22 février 2019…” Ce livre se veut une trace écrite de ces sonnées langagières et culturelles qui ont fait cette “Révolution du sourire” qui restera à jamais gravée dans la mémoire collective, aussi bien en Algérie, qu’à l’étranger.

APIC ÉDITIONS

Palestine, le plus grand hold-up  du XXe siècle  (essai, 312 pages) de Mohamed Taleb : 
De 1492 à la fin du XXe siècle, les juifs installés en Russie et en Europe, encore sous domination impériale, sont victimes d’une ségrégation violente. En Europe de l’Ouest, ils subissent les contrecoups de la montée du capitalisme mais parviennent ensuite à un semblant d’intégration. Une assimilation qui se voit toutefois freinée et entravée par le poids de la tradition rabbinique, de la flamme messianique et de l’éclosion de l’antisémitisme. En Afrique du Nord, et dans d’autres contrées sous domination et juridiction ottomanes, ils y trouvent plutôt refuge et participent ici et là à la vie socioéconomique et culturelle des pays d’accueil, nonobstant leur statut de “Dhimmis”. Bien que présent depuis l’époque des Lumières, le paradigme de la supériorité blanche s’installe confortablement durant le XIXe siècle en Europe. Il portera avec l’essor du capitalisme à l’expansionnisme occidental et au colonialisme. Le sionisme naît dans de telles conditions, développe une idéologie raciste, anti-assimilationniste et, s’appuyant sur la dimension messianique du message biblique, s’engage dans la colonisation de la Palestine et s’offre des velléités de domination. (…). Un hold-up réfléchi, préparé et bien organisé s’ensuit. Il portera à l’occupation sioniste de toute la Palestine historique en 1967. Prix : 1500 DA.

 

La civilisation de l’ersatz (roman, 208 pages) de Djawad Rostom Touati : 
Farid, Malia, Rami, Adib, et d’autres personnages qui errent dans La civilisation de l’ersatz, deuxième volet de la trilogie : le culte du ça, chacun muni de son bagage socioculturel, certains motivés pour changer le cours de leur vie, sûrs que le soleil est bien plus chaud ailleurs ; d’autres résignés à l’idée que le monde est comme tel : juste une équation à deux variables — dominés/dominants — ; et d’autres encore, suffisants à eux-mêmes, qui cherchent leur rédemption dans les malheurs des autres, se frayent un chemin entre les strates d’une société en ébullition, victime d’un passé en gel, d’un présent séquestré et d’un futur pris en otage. Les uns comme les autres, des néo-prolo-aspirants-bourgeois qui s’ignorent, se substituent ainsi entre les doigts d’un écrivain-né. Dans La civilisation de l’ersatz, tout est relativité : le temps, l’espace, à cela s’ajoute l’esprit... Prix : 800 da.

 

Alter ego (roman, 128 pages) de Hanane Bouraï :
Tout être aspire au meilleur des mondes, dans tout ce qui peut le mener vers l’accomplissement de ses rêves, de ses espérances et, par-delà tout, de soi. Ayla, étoile montante de la scène artistique du pays, a trouvé sa voie. La poésie, le chant et la musique, c’est son univers. Tout lui réussit, en apparence du moins. Sauf qu’exister à travers son art ressemble à un plaisir coupable : lynchage médiatique, rumeurs assassines, quolibets, réputation souillée et famille déshonorée... contrairement à sa sœur jumelle Aylin, qui se refuse à toute forme de trépidation, loin des tumultes auxquels elle ne veut pas se heurter, qui choisit de mener une vie sans relief : un mariage, des enfants et le bonheur de contenter sa société à défaut d’avoir trouvé le sien… Ces deux vies placées aux antipodes l’une de l’autre, Ayla l’écorchée vive les raconte dans un soliloque haletant. La coexistence devient chose impossible à admettre. Le risque semble inévitable : seule l’une des deux survivra. Prix : 500 DA. 

 

Les fleuves impassibles (roman) d’Akram El Kebir : 
L’été 2018 a été particulièrement meurtrier à Oran, tant la découverte de cadavres de harraga qu’on repêchait au large de la Méditerranée était monnaie courante. Ce même été a connu la mise en service d’un bateau-taxi, le Rossinante II, qui faisait la navette quotidienne entre Oran et la petite ville balnéaire de Aïn El Turk. Cafetier dans un petit estaminet de Sidi El Houari, Zaki, du haut de ses 24 ans, mène une vie morne et ennuyeuse, sans aucune perspective pour son avenir, sinon caresser l’espoir de tenter un jour la harga. Ce n’était que la crainte de finir bouffé par les poissons qui l’en dissuadait. Cela dit, dès lors qu’il eut vent du bateau-taxi, une idée absurde lui était venue : et s’il détournait cette embarcation pour mettre le cap sur les côtes ibériques ? Il ne sera pas seul pour entreprendre cette folle aventure, puisque ses amis de quartier Okacha et Anis, et d’autres laissés-pour-compte, le suivront certainement… Prix : 700 DA. 

R. C.