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Culture / Culture

“ça ne tient qu’à un cheveu, de l’Algérie à Paris” de Djelani Maachi

“Parcours d’un coiffeur lunaire”


La future star de la coiffure apprendra sur le tas ce métier pour lequel elle était destinée. “Amoureux du cheveu, il chercha toujours à en connaître les secrets”, dit de lui feu Abdelhak Bererhi, dans la préface où il revient sur le parcours de cet “adepte du beau”.

De Serge Gainsbourg à Michel Drucker en passant par Jean-Luc Delarue, Djelani Maachi, véritable star de la coiffure mondiale, retrace, dans son livre intitulé “ça ne tient qu’à un cheveux, de l’Algérie à paris : parcours d’un coiffeur lunaire» (éditions Necib), ce parcours exceptionnel d’un fils d’émigré, que rien ne prédestinait à ce monde de strass et de paillettes. “La vie de Djelani Maachi pourrait être l’histoire de chacun et pourtant, elle est exceptionnelle. Parti de rien, il est devenu une star de la haute coiffure. Avec sa famille, il quitte l’Algérie pour la France en 1964 et s’installe dans une ville de province (…) Il monte à paris, où il compte forger son destin.”
C’est dans la Ville Lumière, justement, que le destin et la voie professionnelle du jeune Maachi vont être tracés. Par le plus heureux des hasards, alors qu’il devait se faire couper les cheveux pour son premier jour de travail, il rencontre Jacques de Closets, “coiffeur des rockers et des yéyés”. Ce dernier “le prit sous son aile et lui apprit à saisir le cheveu qui le retint dans sa vie professionnelle”. La future star de la coiffure apprendra sur le tas ce métier pour lequel elle était destinée. “Amoureux du cheveu, il chercha toujours à en connaître les secrets”, dit de lui feu Abdelhak Bererhi, dans la préface où il revient sur le parcours de cet “adepte du beau”, et leur première rencontre, au 40, rue Coquillère à Paris. “C’était en compagnie de mon épouse”, se remémore l’ancien ministre. “Il la coiffa. D’un simple regard, il l’enveloppa ; de ses doigts magiques, il coupa, crêpa, frisa, coiffa. Ses doigts experts remplaçaient le peigne. Puis, debout, il regarda son œuvre achevée, et d’une main experte, coupe une mèche rebelle, invisible qui dépassait.” Dans cette autobiographie, nous retrouvons également des hommages aux parents du coiffeur, à sa ville Khenchela, aux années difficiles durant la guerre de libération, avant l’émigration de la famille sous les cieux outre-méditerranéens. À travers ces lignes où il livre au lecteur son intimité et l’histoire de sa vie, il se rappelle de ce rejet de l’autre, qu’il a vécu une fois installé en France.
“Jeune adolescent sans aucune expérience, perturbé par tant d’incompréhension et de rejet de l’autre (…) J’essayais de suivre la caravane mais tous les efforts étaient vains. J’avais décroché en Algérie, je ne pouvais être l’élève assidu que cherchait mon père.” Ce même père qui comprit, un beau jour, que son fils “perdait son temps et qu’il était inutile de poursuivre dans cette voie”.
Avec la complicité de la mère et l’accord résigné du père, le jeune Djelani s’investit de plain-pied dans le monde, à la recherche de sa voie. Tours, la ville des arts, 1966. Djelani Maachi tente sa première expérience professionnelle dans un garage en tant qu’apprenti en mécanique, sa passion. Avec un diplôme en poche mais sans réel débouché professionnel à Nogent-Le-Rotrou, jusqu’à son déménagement à Paris. Là-bas, libéré de l’emprise paternelle, il se voit “débuter dans un garage comme simple employé”, jusqu’à ce fameux jour où il dut se faire couper les cheveux pour son job. Son passage sous les ciseaux de Closets entérinera à jamais ses rêves de mécanicien, puisque, à cet instant précis, ils avaient changé. “Adieu la 2CV, que j’avais réparée, adieu le gentil monsieur et tous ses employés qui m’avaient si bien accueillis. Mes lèvres me brûlaient je ne pouvais demander à Jacques de Closets de m’apprendre la coiffure.” À partir de ce jour, sur les conseils et la pédagogie de son mentor, il mit son cœur et son âme à l’ouvrage.
Mai 68, le coiffeur suit le mouvement des étudiants, il crée dans son salon, de futures créations, de nouvelles coiffures qui échapperaient au classique, avant de se lancer, quelque temps plus tard, dans cette mode des cheveux longs. Quelques pages plus loin, il raconte ses débuts dans les salons de Montparnasse, puis celui de la rue Coquillière, ses rencontres avec Jacques Martin, «Gainsbarre», Jean Rochefort, Jean Poiret et tant d’autres stars.
 

“Ca ne tient qu’à un cheveu, de l’Algérie à Paris : parcours d’un coiffeur lunaire” de Djelani Maachi, Éditions Necib, 201 pages, 2018.



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