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Culture / Culture

Il y consigne les discours et les écrits de l’ancien combattant

Parution d’“Ahmed Kaïd, réflexion d’un visionnaire”, de Kamel Bouchama


Cet ouvrage signé Kamel Bouchama, paru aux éditions Enag, regroupe sur plus de 650 pages les déclarations, analyses, conférences et autres écrits engagés de Kaïd Ahmed dit commandant Slimane pendant la guerre de libération. 

Regroupée et proposée au public pour la première fois, cette documentation rend compte du caractère indépendant, critique et juste de l’ancien combattant. “Ce parler vrai”, durant cette période notamment, était à contre-courant du “discours unipersonnel qui ne souffrait pas la contradiction”, écrit Bouchama. 
Ce dernier explique par ailleurs dans sa préface que Kaïd dénonçait, au lendemain de l’indépendance déjà, “la loi du bon plaisir ; la politique des affinités ; la complicité et la complaisance ; l’acte illicite impuni ; le vol et le détournement ; l’insolence et l’indécence ; l’étalage du luxe” et tant d’autres travers qu’il avait prédits il y a plus d’une cinquantaine d’années déjà. “Des comportements aussi infâmes, notait Kaïd, incitent, à juste titre, les masses populaires à s’inquiéter quant à l’issue du processus du développement économique” et à “se démobiliser”. “De telles conduites, affirmait-il, constituent aux yeux des masses populaires des phénomènes dont elles rendent les pouvoirs publics, les services de sécurité et l’appareil judiciaire du pays responsables. L’action corruptive et l’attitude des corrompus peuvent déconsidérer aux yeux des masses toute une administration. Dès lors, il y a risque de rupture totale entre celles-ci et celle-là.” Aussi, au-delà de l’aspect politique de la déliquescence généralisée à son époque, Kaïd consigne ici quelques réflexions sur l’avenir de l’économie, de l’éducation ou de la culture. “Pour être réalisable, la révolution culturelle exige un système socioéconomique et institutionnel de nature révolutionnaire et socialiste, décentralisé et déconcentré, fondé sur la participation effective des masses populaires organisées dans le cadre d’un centralisme démocratique.” Pour “Si Slimane”, il était indiscutable de rompre avec l’ancien régime, puisque celui-ci avait déjà échoué, à l’aube d’une indépendance durement acquise. “Dans une décision prophétique, nous n’étions que dans la dixième année de l’indépendance et déjà la situation n’était pas satisfaisante à en croire Kaïd Ahmed”, écrit Kamel Bouchama. Et de poursuivre : “Il parlait déjà de deuxième république que le peuple de la révolution du 22 février (le Hirak) reprend à son compte cinquante-sept ans après.” 
 

R. C. 



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