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Culture / Culture

Jean-Michel Jarre l’a déclaré lors d’une réunion virtuelle organisée par l’UNESCO

“Plus de la moitié des métiers de l’art disparaîtra en 2021”

Jean-Michel Jarre, compositeur et président de la Cisac. © D.R

Si aucune solution n’est trouvée pour amortir les répercussions de la crise sanitaire sur la culture, la moitié des métiers du secteur culturel disparaîtra d’ici à une année, a estimé le président de la Cisac lors d’une réunion virtuelle coorganisée par l’Unesco.

C’est un constat alarmant qui a été fait à l’issue du débat virtuel organisé conjointement par l’Unesco et la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (Cisac), mercredi dernier, à l’occasion de la Journée mondiale de l’art, auquel ont été conviés Jean-Michel Jarre, par ailleurs président de la Cisac, Yasmina Khadra, Louis Puenzo, Angélique Kidjo et Deeya Khan. Cette réunion, diffusée sur le site internet de l’organisation onusienne dans le cadre du mouvement “Resiliart”, a été l’occasion pour le secteur culturel mondial d’échanger et de soumettre des propositions de sortie de crise.

S’il est vrai que cette période de confinement a permis à la culture d’être plus que jamais au-devant de la scène et aux plateformes de téléchargement, de streaming et de vente de livres numériques de connaître une très grande affluence, tous s’accordent à dire néanmoins que la culture, dans les quatre coins du monde, mettra “des décennies” avant de pouvoir compenser les pertes engendrées — estimées à 7 milliards de dollars, selon les experts — par l’annulation des concerts, des spectacles, des ventes-dédicaces, etc.

Outre ces annulations, c’est la survie de millions de personnes employées dans le circuit des métiers du spectacle, du cinéma, de l’animation et de l’événementiel qui est touchée de plein fouet. Ce que cette crise a permis de confirmer singulièrement dans les pays en voie de développement, c’est l’extrême fragilité des artistes et des métiers qui gravitent autour du domaine culturel. Pour les intervenants, un changement radical doit s’opérer à l’issue de cette crise, à commencer par la politique culturelle qui devra être entièrement revue.

Les Gafa, le plus grand obstacle des artistes
Le statut des artistes, les fonds octroyés à la culture et les droits d’auteur sont les axes à prioriser, le plus gros chantier étant sans doute celui du monde digital, avec l’accaparation des GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) de millions de contenus. À ce propos, Jean-Michel Jarre est longuement revenu sur l’opportunisme de ces plateformes, qui “se font de l’argent, selon lui, sur le dos d’artistes qui sont en train de mourir de faim parce qu’ils n’ont aucune perspective”. “D’ici une année, la moitié des acteurs culturels risquent de disparaître.

Il faudrait créer une taxe spéciale.” Et de poursuivre : “Nous ne sommes pas en train de demander la charité, mais une juste rémunération de la diffusion de nos œuvres.” Concrètement, ce dernier a également proposé de “créer un copyright éternel, qui empêcherait les droits d’auteur de tomber dans le domaine public et de créer, à la place, un fonds de solidarité pour les artistes en précarité”. Pour la chanteuse béninoise Angélique Kidjo, “les dirigeants du monde parlent tous de comment sauver l’économie, mais aucun d’eux ne souffle mot ni ne propose des solutions pour la crise que vit la culture.

Mais la culture, c’est aussi l’économie.” “Ça suffit ! Les artistes doivent s’unir, même dans les pays pauvres, et des actions immédiates doivent être prises”, a-t-elle martelé. L’écrivain Yasmina Khadra a, quant à lui, relevé la vulnérabilité des écrivains pour lesquels un statut particulier devrait être créé : “Il faudrait que l’Unesco protège les artistes. Je pense notamment à l’Algérie et à l’Afrique où ils sont voués à toutes les gémonies, pourtant, durant le confinement, nos meilleurs alliés sont les artistes. Il faudrait que nos gouvernements pensent à ces gens qui apportent de la lumière dans nos vies.” Pour Audrey Azoulay, directrice générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, ce débat intervient dans une période “sans précédent dans l’histoire de l’humanité, touchant tous les secteurs et notamment la culture. Mais cette crise nous a aussi démontré que l’écosystème culturel est très fragile. Les théâtres, les musées, les concerts, les librairies, les festivals, le cinéma, les auteurs et les artistes sont menacés”.

Et de poursuivre : “Cela veut aussi dire qu’un pan entier de l’économie et les pays qui ont choisi la culture pour développer la leur encourent un réel danger.” Et d’ajouter : “En tant qu’organisation, nous pouvons être une plateforme qui évalue l’impact et les répercussions de cette crise sur la culture, une plateforme où nous pourrions échanger nos expériences et orienter les politiques culturelles des pays dans le monde.” 

 

 


Yasmine Azzouz


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