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Culture / Actualités

Estrade des écrivains Grecia Cáceres et Eduardo Ramos Izquierdo au SILA

Quand l’Andalousie rencontre l’Amérique latine

L’écrivain Eduardo Ramos Izquierdo. -- La poétesse Grecia Cáceres. ©D. R.

Les deux écrivains ont pris part à une rencontre organisée au 23e Salon international du livre d’Alger, où les liens entre littérature latino-américaine et arabo-andalouse, et des thèmes comme l’immigration et la guerre civile ont été évoqués.

Les poètes et romanciers Grecia Cáceres  et Eduardo Ramos Izquierdo ont animé une estrade autour de la littérature latino-américaine, où ils sont revenus sur la genèse de leurs riches œuvres littéraires et poétiques. Modérée par Lila Boukli, cette rencontre a mis la lumière sur l’écriture dans différents contextes, comme l’émigration, la guerre et l’héritage poétique et littéraire de l’Andalousie. La poétesse péruvienne, exilée en France durant la guerre des années 1990, a expliqué cette période cruciale de sa vie et son influence sur sa littérature.
“Au Pérou je suis surtout connue comme poétesse des années 90. Cette période a connu un mouvement terroriste comme le Sentier lumineux, (Parti communiste péruvien fondé en 1970) ce qui a provoqué beaucoup de départs.” Et de poursuivre : “J’ai quitté le pays pour m’installer à Paris où j’ai commencé à écrire des romans. Pour moi cette écriture était une réponse à la distance, à l’éloignement du pays natal. Une volonté de reconstruire le pays par le littéraire et l’imaginaire, afin de comprendre ce qu’était le Pérou à cette période.” La conséquence de cette guerre sera l’exil pour de nombreux Péruviens, un déracinement que partage le professeur et poète mexicain Eduardo Ramos Izquierdo puisqu’il quittera le Mexique dans les années 1970 pour des études à Londres avant de s’installer à Paris. La migration a toujours existé, ce qui se passe aujourd’hui est qu’on assiste à une migration diverse. En Amérique latine, les années 70 étaient une période lugubre. Il était nécessaire pour les écrivains de quitter leurs pays. À Càceres ensuite d’expliquer que le terme “écrivain-migrant” est problématique selon elle, tant sa connotation évoque la douleur et la souffrance. “C’est vrai qu’il y a une sorte d’exil, cette distance est parfois nécessaire chez les écrivains pour parler de leur pays”. La présence de la poésie arabe dans la littérature latino-américaine, à travers la colonisation espagnole fut l’autre sujet-phare de cette rencontre, puisque les traces des mouwachahate, une forme poétique née vers la fin du VIIIe siècle en Andalousie, sont encore présentes au Pérou. “La présence arabe en Espagne nous a laissé un héritage littéraire, tandis que les mouvements de migration des dernières années continuent d’alimenter et de fructifier notre littérature. Je sens une grande familiarité avec celle-ci”, expliquait Cáceres. Pour Eduardo R. Izquierdo, Jorge Luis Borges est l’un des écrivains qui a véhiculé la littérature arabe en Amérique latine : “On se rend compte qu’il s’est inspiré des Mille et Une Nuits pour son écriture, pour qui cette œuvre était une référence”. À la fin du XIXe siècle, l’Amérique latine a aussi connu une vague de migrants syriens et palestiniens, notamment au Mexique, a poursuivi l’écrivain. Par ailleurs, Cáceres s’attache à mettre en avant dans son œuvre romanesque, comme L’attente, Violeta ou encore Fin d'après-midi des personnages reclus, “qu’on ne remarque pas mais qui, par leur position subordonnée, ont une vision lucide du monde qui les entoure”. La femme, qui tient une place importante dans l’écriture de la péruvienne fait partie de cette catégorie de personnages auxquels on ne donne pas assez d’importance, selon la romancière. “Le point de vue de la femme m’intéresse beaucoup”, dira-t-elle, “non pas parce que je suis une femme, mais parce qu’il y a beaucoup d’expériences comme la grossesse ou l’accouchement, qui sont peu traitées dans la littérature”.

Yasmine Azzouz



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