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Culture / Actualités

Amar Derriche et Arab Aknine l’ont annoncé lors d’une conférence-débat

“Slimane Azem n’a jamais été interdit officiellement à la radio”


Amar Derriche, ancien animateur à la radio Chaîne II, et Arab Aknine, militant de la cause amazighe, ont animé une conférence-débat dans la commune de Draâ El-Mizan (Tizi Ouzou), durant laquelle ils ont longuement déroulé le parcours exceptionnel de cet illustre artiste.

Dans le cadre de la célébration du centenaire de la naissance du monument de la chanson kabyle, le regretté Slimane Azem, Amar Derriche, ancien animateur bien connu à la radio Chaîne II, et Arab Aknine, militant de la cause amazighe, ont animé une conférence-débat à la bibliothèque communale de Draâ El-Mizan (40 kilomètres au sud de Tizi Ouzou), et ce, à l’initiative de l’association culturelle Amgud. Tour à tour, les deux conférenciers ont longuement déroulé le parcours exceptionnel  de cet illustre artiste en dépit du contexte dans lequel il évolua, notamment avant, durant  et après la guerre de Libération nationale, lui qui a donc été forcé à un long exil en France tout en rappelant qu’après l'indépendance, Slimane Azem était interdit d’antenne à la Radio nationale. De son côté, Amar Derriche, en tant qu’ancien animateur à la radio a révélé devant la nombreuse assistance qu’il n’y a jamais eu d’écrit officiel interdisant de programmer sur les antennes de radio les chansons de Slimane Azem. “Dans les archives, nous avions pu retrouver un document officiel qui interdisait à l’antenne les chanteurs Enrico Macias et Johnny Hallyday, mais c’est en 1967 que le nom de Slimane Azem fut ajouté au stylo sur le même document et jusqu’à ce jour, on ne connaît pas encore la personne qui était à l’origine de ce rajout”, a-t-il souligné dans son intervention. Cependant, il a avoué que c’est après les événements d’avril 1980 que deux animateurs de la Chaîne III ont eu le courage de diffuser sur leur chaîne une de ses chansons, puis deux autres animateurs qui, chacun dans son émission, ont osé à leur tour programmer des chansons de Slimane Azem sur les ondes de la Chaîne II, d'expression kabyle. D’ailleurs, même Arab Aknine, qui prépare un ouvrage sur la vie et le parcours artistique de Slimane Azem, tous deux originaires du même village d’Agouni Gueghrane dans la daïra des Ouadhias, a tenu à clamer tout haut que Chérif Kheddam n’était pas à l’origine de cette interdiction, comme pour confirmer les dires d’Amar Derriche qui avait préalablement dénoncé certaines “accusations” portées, à l’époque, contre le grand artiste et musicologue qu’était “Dda” Chérif Kheddam. “Est-ce que réellement un grand chanteur comme Chérif Kheddam pouvait censurer un chanteur comme lui ? Nous cherchons au jour d’aujourd’hui à retrouver les commanditaires d’un tel dérapage, mais en vain”, s’est-il interrogé. En tout cas, ces deux interventions ont permis de lever des zones d’ombre sur ce genre d’accusations alors que les deux conférenciers ont admirablement passé en revue le parcours exceptionnel de ce grand monument de la chanson kabyle, Slimane Azem, le qualifiant tantôt de légende vivante tantôt de véritable visionnaire. Toujours est-il que le public présent a estimé, à juste titre, que ce genre de rencontres ne fera que cerner davantage Slimane Azem dans toute sa dimension universelle aussi bien artistique que sa personnalité et son engagement dans le combat identitaire. D’ailleurs, Arab Aknine a parlé d’une grande similitude entre Slimane Azem et Si Mohand U M’hand sur tous les plans parce qu’ils furent victimes de l’ostracisme du pouvoir algérien après 1962 pour le premier et de la loi du séquestre du colonialisme pour le second. C’est dire que la célébration du centenaire de la naissance de ce géant de la chanson  kabyle  qu’est Slimane Azem (1918-1983) est une occasion propice pour lever certains points noirs sur la vie de cet artiste et rendre un vibrant hommage à cette grande icône de la chanson kabyle dont certains ont voulu souiller l’image parce qu’il a vécu en penseur libre et en grand défenseur  de la cause berbère et ce sans avoir fait la moindre concession sur sa kabylité et son engagement pour son identité.


O. Ghilès


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