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Culture / Culture

Exposition de Mohamed Larbi Merhoum à l’ESPACO

Un nouveau regard sur l’architecture

© D. R.

Dans cette rétrospective où il déballe 25 ans de croquis, de plans et de souvenirs, Mohamed Larbi Merhoum raconte, en plus de son parcours professionnel, la situation de cette profession en Algérie.

Jusqu’au 18 juin à l’Espace d’art contemporain d’El-Achour (Espaco), les férus d’architecture et d’art en général pourront se délecter des réalisations de Mohamed Larbi Merhoum, et prendre davantage connaissance de son parcours exceptionnel. “25 ans et des poussières” est l’intitulé de cette rétrospective/exposition, première dans le genre dans la mesure où elle réunit, dans un espace dédié à l’art, plans, croquis, maquettes, photographies, le parcours professionnel, ainsi que la situation de l’architecte et de l’architecture en Algérie. Pour comprendre l’importance de l’initiative de Merhoum, il faut remonter au contexte sociopolitique dans lequel est né le métier d’architecte. 

En effet, “à l’aube des années 1990”, se remémore Merhoum, “un programme d’ajustement structurel délestant l’État des missions de prestations et de service est imposé par le FMI et la Banque mondiale” qui lui permettra enfin de “devenir un architecte libéral”. Mais cette période post-structurelle, qui a vu naître une génération d’architectes “sensibilisée à l’histoire et à la géographie”, aura d’autres défis à relever : “Les quolibets des maçons, des ingénieurs et des maîtres d’ouvrage pour qui nous ne sommes que des figurants imposés de l’acte de bâtir”, explique-t-il encore. Réunir les réussites et les échecs, raconter l’histoire de chaque projet, qu’il soit refusé ou accepté, partager avec les visiteurs ses passages à vide, ou, enfin, ce moment de fierté de voir ses plans prendre vie, sont finalement un “message d’amour pour ce métier, ce peuple et cette terre d’Algérie”.

Au milieu des maquettes et des plans de Merhoum, nous plongeons dans les pensées du maître des lieux. On se croirait alors dans un bureau d’architecture, avec une âme, une histoire, à hauteur d’homme, mais qui reflète aussi l’évolution d’une société. Aux côtés des réalisations telles que le siège de Sofinance ou encore de la bibliothèque communale du Télemly, l’architecte raconte ses échecs. Sur des reproductions géantes de ses plans, sont estampillées les mentions “annulé” ou “rejected”. Il s’agit par exemple des concours d’immeuble de bureaux de Bab Ezzouar et du Centre technique régional de football de Tlemcen, qui côtoient d’autres réalisations – qui ont bien vu le jour – à l’instar d’écoles et autres hôtels.

Tant de projets, une expérience, un nom et une reconnaissance de ses pairs, qui n’empêcheront pas Merhoum de dire une vérité sur la situation de cette profession dans notre pays. “C’est un métier qui existe depuis vingt-cinq ans mais qui n’a toujours aucune trace. La seule qui existe peut-être ce sont ces bâtiments et l’environnement qu’on a construits, qui laissent beaucoup à désirer.” Et d’ajouter : “On traîne une espèce de réputation d’inutilité définitive, je voulais donc faire le point, en racontant mon parcours mais aussi celui de l’Algérie de 1995 jusqu’à aujourd’hui, y compris les aspects politiques, économiques et sociaux, parce que c’est un métier qui se fait en intersection de tous ces domaines.”

Pour les étudiants, les amoureux d’architecture, ou simplement les curieux, cette exposition, qui se tient jusqu’au 18 juin, offre un nouveau regard sur le métier, loin des sentiers battus et du côté officiel. Au-delà de l’aspect technique aussi, on découvre surtout l’homme qu’est Mohamed Larbi Merhoum, dont la vie est intimement liée à la profession. 
 

Yasmine Azzouz 

 



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