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Culture / Culture

Amirouche Malek, organisateur d’évÉnements artistiques

“Un pays sans culture est facilement colonisable”

© D.R

Initiateur de plusieurs manifestations à Tizi Ouzou, Malek Amirouche revient sur ses “activités qui s'inscrivent dans une démarche d'utilité publique” et les différents problèmes auxquels font face les acteurs culturels pour la réalisation de leurs projets.

Malek Amirouche, connu pour son implication et sa passion pour la culture et les arts, est responsable de l’Emev (Entreprise d'organisation des événements culturels, économiques et scientifiques) basée à Tizi Ouzou. Très actif et infatigable, il organise depuis la création de son entreprise en 2011, et même avant son lancement, différentes activités, à l’instar du café littéraire et philosophique de Tizi Ouzou et de Larbâa Nath Irathen, les festivals Montagne Art, et l’été en poésie et en musique, ou encore des rencontres et colloques dédiés à de grandes figures, notamment la journée d’études sur Assia Djebar, initiée en 2019.  

Nous avons tendance à nous intéresser seulement à la situation des artistes, mais qu’en est-il de la situation professionnelle des autres acteurs culturels, ces organisateurs et producteurs de spectacle ? Sur cette question, Malek Amirouche revient sur son parcours et les problèmes qui touchent ce domaine, et ce, avant la crise sanitaire qui n’a pas facilité les choses : “Toutes mes activités s'inscrivent dans une démarche d'utilité publique. J’organise des évènements pour susciter la réflexion et une projection dans le futur, de sorte que les projets soient viables et apportent un plus pour la collectivité.” Selon notre interlocuteur, l’organisation de ces manifestations n’est pas de tout repos, car Amirouche est confronté à moult difficultés, alors que “nous avons besoin de soutien”. “Nous réalisons ces activités pour apporter un plus sur le plan culturel. La culture est un ciment social”, nous a-t-il expliqué.

Et d’ajouter : “J’ai reçu du soutien, notamment de l’Onda et du HCA, mais elle doit être apportée par toutes les parties : collectivités locales, institutions culturelles, le ministère de la Culture, les sponsors…” Sur ce “désintérêt”, Malek Amirouche s’insurge sur le fait de ne pas savoir “si c’est l’activité (culturelle, ndlr) qui dérange ! Alors que c’est à travers l’action culturelle et artistique que nous pouvons apporter un plus à la société”. Parmi les obstacles rencontrés, on peut citer les interdictions “énigmatiques” – refus de céder des autorisations ou des salles. Il est devenu difficile pour les acteurs culturels de “résister” : “J’ai appris à me battre face aux nombreuses difficultés, mais je ne peux mener constamment un combat contre un moulin à vent. Et cela devient pesant.”  

Au sujet de la pandémie qui a poussé à la fermeture de tous les établissements et à l’arrêt des manifestations, Malek Amirouche estime que les organisateurs privés sont les “oubliés de l’histoire”. “Les boîtes privées sont considérées comme des entités qui n’ont pas d’assises. Alors que nous payons nos impôts ! La vision sur la culture doit changer. Nos dirigeants doivent comprendre qu’un pays sans culture est facilement colonisable.” Pour cet acteur culturel, il est, entre autres, important que les responsables tendent à encourager les jeunes “en leur facilitant les choses et les laisser travailler. La culture est vecteur de développement”. Loin d’être découragé par la situation, le responsable de l’Emev prépare plusieurs projets en dépit de “l’incertitude qui plane sur la reprise des évènements”. 

En effet, outre les traditionnels cafés littéraires, il prévoit la programmation d’une journée d’étude sur l’œuvre de Mohamed Dib, un colloque sur Cherif Kheddam et un hommage à Idir. “Toutes les précautions sanitaires seront prises. D’ailleurs, ces évènements seront organisés en plein air”, a-t-il précisé. Autre projet, la publication des actes des rencontres littéraires composés de deux tomes “qui rassembleront tout ce qui a été fait durant dix ans”. 

 


H. M.


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