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Culture / Actualités

Première édition du “Phonetics sound festival” à Alger

Un pont entre les cultures et les arts

La création de l’artiste Walid Bouchouchi, constituée des alphabets latin, arabe et berbère. ©Yasmine Azzouz/Liberté

Après deux semaines de résidence à laquelle a pris part une quinzaine d’artistes algériens, tunisiens, français, ou encore suisses, le festival musical “Phonetics” a pris ses quartiers, jeudi dernier, aux Ateliers sauvages, pour une exposition sonore et visuelle des artistes Walid Bouchouchi, Rudy Decelière, ou encore Mika Oki.

Les Ateliers sauvages ont abrité jeudi dernier l’exposition “Phonetics” (du 22-24 novembre) du nom du premier festival dédié aux arts sonores en Méditerranée, en amont de laquelle s’est tenue, du 12 au 22 du mois en cours, une résidence à destination de jeunes artistes nationaux et internationaux, qui ont travaillé in situ sur des concepts de création. Le résultat de ces collaborations a donc donné lieu, au premier jour de ce festival qui se tient dans différents lieux algérois, à une exposition d’installations sonores d’artistes algériens comme Walid Bouchouchi et Bachir Rezgui, et étrangers, à l’instar du Suisse Rudy Decelière et de la Franco-Japonaise Mika Oki.
Bastien Gallet, commissaire du festival, dira que ce dernier “est né d’une résidence qui a réuni des artistes d’horizons différents. Elle a donné lieux à des performances, des discussions et des collaborations entre les artistes. Ils ont inventé et produit des projets ensemble”. Et de poursuivre : “Ce qui est réjouissant est le fait que des artistes si différents aient réussi à collaborer. Il ne s’agissait pas de faire fusionner des genres musicaux abstraitement, de mélanger la musique acoustique ou électronique, parce que ça ne commence jamais comme ça en vérité. Chacun des artistes conserve son identité culturelle et musicale. Des liens et des relations entre les pratiques et les genres musicaux sont ainsi créés. Le but étant de mettre en avant des artistes singuliers et le fruit de leur collaboration.”
“Wainting for the ground”, une impressionnante installation faite de deux kilomètres de fils de cuivre, de cent soixante-quatre aimants, de feuilles de châtaignier séchées et d’un système d’amplification reproduit le mécanisme d’un haut-parleur, en utilisant les mêmes principes de ce dernier. Rudy Decelière, artiste sonore et concepteur du système, explique : “Les fils de cuivre font passer le courant, les aimants créent la réaction magnétique qui fait bouger le cuivre, tandis que les feuilles font office de membranes. Pour le son qu’on entend, c’est un flux aquatique que j’ai enregistré avec un hydrophone.” L’art et la revendication se sont enchevêtrés chez l’artiste Walid Bouchouchi, qui se réapproprie la diversité et la richesse linguistique de la langue algérienne, en créant un alphabet hybride, composé des alphabets latin, arabe et du tifinagh. “Fono-type”, cette fresque graphique de 41 lettres, regroupées par Bouchouchi, réunit les phonèmes de l’arabe, du français et de tamazight. “Le problème qui se pose chez nous est qu’on essaye de simuler les sons qui n’existent pas dans l’alphabet latin”, dira l’artiste. Et de renchérir : “J’ai donc essayé de créer un alphabet propre à nous. Certains diront que c’est un dialecte, parce que c’est un mélange de langues. Pour moi, c’est une langue à part entière. Le fossé est en réalité juste politique, parce que tant qu’elle n’est pas reconnue, elle reste un dialecte.” Même si le jeune artiste reconnaît que “graphiquement, cet alphabet n’est pas optimal”, toujours est-il cette démarche a le mérite d’être saluée, tant elle soulève un point important, celui de la reconnaissance de la langue algérienne en tant que telle, en mettant en avant toute sa richesse et sa diversité. À noter que le festival se poursuit aujourd’hui encore aux Ateliers sauvages à partir de 14h, pour le concert de clôture.

Yasmine Azzouz



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