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Culture / Culture

Sortie de l’opus “El Mersoul” de Rachid Rezagui

Une qasida en hommage aux artistes disparus

© D. R.

H’kayti mâa el-houb ou l’idylle amoureuse s’étaye des vers Ya ghares el-ouard. Ennoui el-houb âand nassou (Ô horticulteur, sème la rose et séduit celle qui cultive et se nourrit de l’amour), clame le poète Rezagui Rachid qui allie ainsi l’amour au doux élixir de “khouya” qui scelle l’attache d’une fratrie et ainsi jusqu’à l’éclosion de l’entente fraternelle. “La fraternité est l’élan de cœur d’un bouquet de «moi» et où l'ego de chacun s’incline face à la nécessité de créer le nous”, a déclaré Rezagui Rachid à la sortie du studio Samy.

Œil scrutateur sans qu’il ne soit inquisitif, l’auteur du recueil de poésie Sur le chemin des loups (éd. Dar El-Othmania) épépine la société de ses aiguillons dont l’intempestif “qalo” (les qu’on dira-t-on) pour nous faire l’offrande de cet intermède musical qu’il a rimé de sa “warqa ou qlam” (feuille et plume). 

Au demeurant, les épines ne sont en réalité que Les mots pour dénoncer des maux (éd. Publisud), à l’exemple Yali tedi oudjib. Qalbak fih el baroud. Koulioum takhssar h’bib (Ô toi le calomniateur, tes paroles sont aussi fielleuses que la poudre noire à canon et tu n’auras que la solitude à l’automne de ta vie).

Autre délice, l’arrangement musical de Madjid Bellamine qui a créé l’instant magique où la derbouka bat la cadence et escorte la rime au son du clavecin, d’où fuse la salve d’évocations qui valsent sur un air de nouba, notamment le “Leader” de l’opus n°1 de Djani El Mersoul. Et aux premières notes, il en émane une sarabande où pirouette le pigeon voyageur lâché d’un “stah” (terrasses) et porteur de nos débris de patrimoine, malheureusement si fluets face au péril de l’oubli.

Au demeurant, Djani El Mersoul oudjeb k’teb n’est que l’éveil mémoriel du poète Rezagui Rachid qui feuillette l’album-photo d’une pléiade de nos chers disparus et qu’il cite de l’au-delà où ils sont, à l’instar des divas Fadhéla Dziria (née Fadhéla Madani – 1917-1970) et Cheikha Tetma (née Fatéma Tabet – 1891-1962) auxquelles s’ajoutent les chantres du chaâbi Mohamed Idir Aït Ouarab dit El-Hadj M’hamed El-Anka (1907-1978), Hadj M’rizek né Arezki Chaïb (1912-1955), Abderrahmane Amrani dit Dahmane El-Harrachi (1926-1980), Abdellah Guettaf (1949-2011).

La musique andalouse n’est pas en reste, du fait qu’il y a aussi les ténors Achour Abderrahmane dit Dahmane Ben Achour (1912-1976), cheikh Redouane Bensari (1914-2002), cheikh Sadek El-Béjaoui, né Sadek Bouyahia (1907-1995), Abdelkrim Dali (1914-1978) ou encore Mohamed El-Kourd (1895-1951). Opus de la nostalgie ? Pas du tout ! Mais opus de la pérennité, a conclu l’artiste dont le disque est déjà dans les bacs. 
 

Nourreddine Louhal


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