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Culture / Actualités

Conférence de Costa Gavras à l’occasion de la sortie de son autobiographie

Une vie dédiée au cinéma et au militantisme

Le réalisateur Costa Gavras (à gauche) et le modérateur Mohamed Bédjaoui. ©D. R.

Le réalisateur oscarisé Costa Gavras a animé une rencontre, samedi dernier, au 23e Salon international du livre d’Alger, à la faveur de la sortie de son autobiographie “Va où il est impossible d’aller”, publiée outre-Méditerranée aux éditons du Seuil.

Une rencontre qui a réuni amoureux des lettres et cinéphiles, où il était question de l’écriture de cette autobiographie de 528 pages, dans laquelle le cinéaste revient sur sa belle et prolifique aventure cinématographique, non sans quelques réflexions anecdotes, et récits de rencontres avec les plus grands noms du cinéma mondial. Dans le livre en question, Gavras retrace son arrivée en France en 1955-1956, après l’éclatement de la guerre en Grèce. Dans la perspective de poursuivre ses études, gratuites à cette époque-là. “Mon autobiographie raconte l’arrivée d’un immigré qui fuit la crise sociopolitique de son pays. J’y raconte aussi mes débuts et mon intégration, jusqu’à devenir citoyen français”, dira le réalisateur.

“Ne te mêles pas de la guerre d’Algérie, sinon on te mettra à la porte !”
Malgré l’hospitalité et la perspective d’avenir qui s’offre à lui, une seule instruction est imposée au jeune Gavras, celle de ne jamais évoquer la guerre d’Algérie. La première chose qu’on m’a dite à mon arrivée en France  était : “ne te mêles pas de la guerre d’Algérie parce qu’on te mettra à la porte !” “Je suis donc resté spectateur, mais un spectateur intéressé et fasciné par ce qui se passait dans ce pays qui voulait recouvrer sa liberté et son indépendance.” Ce récit se penche aussi sur l’engagement artistique du réalisateur qui dira : “Chacun de mes films est lié à un moment de passion par rapport à une situation. Ce que j’essaye d’expliquer dans ce livre est comment chaque film est né, sous quelle idée, passion, fureur ou colère par rapport à telle situation ou tel homme.” Un engagement et des idées retranscrits à l’écran à travers  Le capital ou encore L’Aveu, qui remet en question la vision de Gavras sur l’Europe, sa démocratie et les droits de l’Homme. “Quand on va au cinéma, on n’y va pas pour un discours, mais pour rire, pleurer ou réfléchir. Nous faisons un spectacle avant tout, c’est avec ces sentiments qu’on construit quelque chose. C’est le rôle du cinéma selon moi.” À propos du film Mon colonel sorti en 2006, le réalisateur s’attarde encore sur la guerre d’Algérie, où il lève le tabou des tortures pratiquées par l’armée française. Aussi, il dira de feu Charles Aznavour, qui y campe le rôle du père du jeune officier que son rôle, “bien que petit, était essentiel. Aznavour a accepté ce rôle avec une grande volonté, il était entièrement disponible pour ce film”.

“Z”, fruit de l’enthousiasme de jeunes techniciens algériens
“J’ai fait “Z” grâce à l’Algérie, c’est pour moi une étape professionnelle importante. Parce qu’à partir de “Z”, j’avais plus de liberté pour réaliser les films que je voulais. Avec des histoires qui m’intéressaient.” Sur la genèse de “Z”, Gavras dira : “Il faut rappeler aux jeunes que nous sommes six ans après la libération. L’Algérie a déjà de jeunes cinéastes qui commencent à faire des films. Avant d’arriver en Algérie, je m’attendais à trouver un désert, mais pas du tout, il y avait beaucoup de techniciens qui, malgré leur manque d’expérience, possédaient un enthousiasme formidable. Le film a été fait dans une joie, malgré sa complexité, car il fallait se changer sans arrêt et tourner de manière continue.” Et de poursuivre : “J’insiste sur cette volonté dont a bénéficié le film. D’abord, le consentement du pouvoir, mais aussi de tous les Algériens.” Toujours à propos de “Z”, il évoquera Jean-Louis Trintignant et Yves Montand quant à leur participation au film : “Ils n’avaient aucune exigence, d’ailleurs, ils avaient accepté un maigre salaire. C’était presque du militantisme”, conclura-t-il. À noter que le cinéaste a été décoré, quelques heures après cette conférence, de la médaille de l’Ordre du mérite national “Athir”, lors d’une cérémonie organisée à l’Opéra d’Alger Boualem- Bessaih.

Yasmine Azzouz



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