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A la une / Des Gens et des Faits

99e partie

À tout jamais…

© Dessin/Ali Kebir

Résumé : Saïd tente d’en savoir plus sur Tewfik. Il appelle ensuite son oncle et lui apprend, encore sous le choc, que Tewfik a bénéficié de la grâce présidentielle. Il n’est plus avec sa femme et vit chez ses parents. Moh pense à éloigner Kamélia pour sa sécurité. Mais elle refuse. Pendant ce temps, Idir tente de convaincre sa famille pour qu’il retrouve sa femme et son fils…

La famille est tout aussi heureuse qu’il ait un fils, mais elle est aussi déçue. Ces émotions l’aveuglent. Sadjia voit bien qu’il est malheureux. Elle sent qu’ils commencent à le perdre. Elle s’assoit sur le fauteuil près de lui, quand il lui  parle de son fils. Le reste de la famille les laisse en tête-à-tête. 
- Il est si petit que je tremble à l’idée qu’il puisse lui arriver quelque chose. Je veux être là, pour lui. Je suis son père. Je regrette… J’aurais dû retourner chez moi et rester auprès d’elle. Elle a tout affronté seule. Je…
- Mais comment peux-tu dire qu’elle était seule ? Elle était avec ses parents. Toi, tu étais avec nous parce que tu avais besoin d’être pris en charge. On craignait aussi pour ta sécurité.
- Il est en prison. Et puis, la police scientifique n’a trouvé aucune preuve qui le relie à mon accident, dit Idir. Al hamdoullah, je suis en vie. Pas comme je le voudrais, mais aujourd’hui, en tenant mon fils dans mes bras, j’ai réalisé que j’avais raté le moment le plus important dans sa vie. Je n’étais pas là à sa naissance. Je suis un père indigne. Mais je voudrais me rattraper et être là, tous les jours que Dieu fait, pour le voir grandir. Je voudrais être présent. C’est mon fils. Yemma, je vais les retrouver. Mon oncle Moh a fait aménager le rez-de-chaussée pour que je puisse y vivre à l’aise.
- Tu dis n’importe quoi. Comment peux-tu penser à retourner avec elle ? Le type, là… il ne s’est pas contenté de l’agresser. Tu le sais. Comment peux-tu accepter de reprendre avec elle alors qu’il a abusé d’elle ? Pourras-tu oublier qu’il l’a touchée ? Qu’il l’a souillée ? 
- Tais-toi ! Ne m’en parle pas ! Crois-tu que je l’oublie ? 
Sadjia n’est pas prête à le laisser tranquille.
- Personne ne l’oublie ! Comment pourras-tu  reprendre avec elle alors que tu sais tout cela ? Tu pourras la regarder, sans penser à cette nuit-là ? Penses-tu à la réaction des gens ? Pourras-tu les regarder dans les yeux, sans honte ? Car moi, avoue-t-elle, j’ai honte, pour toi, pour notre famille. 
Idir se bouche les oreilles puis décide de quitter le salon. Il active le bouton de son fauteuil roulant mais elle se lève et s’interpose. 
- Moi, je te dis les choses clairement car les autres ne le feront pas. Auras-tu le courage d’affronter le regard des autres ? Leurs remarques ? 
- Pousse-toi ! Tu entends ? 
- Non, je ne te laisserai pas avant d’avoir fini. Arrête de te comporter comme si rien ne compte à part tes sentiments. Je suis ta mère et je ne veux que le meilleur pour toi. N’en doute jamais. J’ai le cœur qui se fend à chaque fois que je te vois dans ce fauteuil, mais je remercie Allah car tu es encore en vie. Idir wlidi, je ne veux plus que tu t’exposes au danger. Tu sais très bien où cela t’a mené de n’en faire qu’à ta tête, lui rappelle-t-elle. Tu es parti en claquant la porte et tu as voulu la jouer comme un grand, sans ta famille, sans tes amis. Tu t’es installé ailleurs et il a fallu que tu tombes amoureux de ce porte-malheur et que tu partes vivre dans son village. Comme s’il n’y avait pas d’oxygène, ailleurs. Nous avons été les derniers à être informés de ton mariage. Vois où tu en es à cause d’elle. Tu aurais pu y laisser la vie, wlidi. Et là, tu voudrais que je te laisse reprendre avec elle ? Si c’est pour ton fils, nous pouvons demander sa garde après le divorce. Ne retourne pas avec elle. Je t’en prie, écoute-moi. Je suis ta mère et j’ai vraiment peur pour toi.
- Ce qui est écrit arrivera, qu’on le veuille ou pas, dit-il. Je ne peux pas me passer d’eux. Surtout d’Adem.
Son portable vibre. Il le sort de sa poche et constate que c’est une notification. Quelqu’un a partagé des photos sur sa page. Il reconnaît Kamélia, son lit, le tableau accroché au-dessus de son lit. Les photos défilent. Kamélia semble tourmentée dans son sommeil. Il doit voir le visage souriant de Tewfik pour comprendre qu’il les a prises ce maudit soir… 
 

(À SUIVRE)
T. M.
taosmhand@yahoo.com
Vos réactions et vos témoignages sont les bienvenus.

 


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