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A la une / Des Gens et des Faits

56e partie

L’intruse

© Dessin/Ali Kebir

Résumé : Un jour, alors qu’elle rentrait du boulot, Sadjia remarque la présence d’une femme voilée devant la maison. À sa vue, cette dernière s’esquive. Faïza faisait le grand ménage, et la jeune fille constate que sa mère n’était pas en forme.

Sadjia s’insurge. 
-Tu aurais dû attendre le week-end pour faire le grand nettoyage. Qu’est-ce qui t’a prise de tout faire toi-même ? Tu refuses donc mon aide ?
-Non, mais il fallait que je me trouve une occupation pour chasser mes idées noires. 
-Tes idées noires ?
Sadjia s’approche de sa mère et lui touche le front. 
-Tu n’es pas souffrante, maman ?
Faïza se dégage. 
-Non. Je vais bien. Monte te reposer dans ta chambre. Je vais m’occuper du dîner. 
-C’est plutôt toi qui va rejoindre ta chambre. Je vais préparer moi-même le dîner. 
-C’est insensé. Tu as eu une journée pleine au boulot. Sadjia oblige sa mère à ôter son tablier et la pousse vers les escaliers. 
-Pas de chichi, maman. Fais-moi plaisir et rejoins ta chambre. Tu devrais faire un petit somme avant le dîner. 
Faïza déglutit et se dirige à contrecœur vers les escaliers. 
-Si tu y tiens. Si quelqu’un me demande... 
-Allez, maman. Personne ne te dérangera. Papa et les garçons ne vont pas rentrer de sitôt.  Ne trouvant plus d’arguments pour refuser, Faïza monte dans sa chambre. Elle referme la porte soigneusement derrière elle et se jette sur son lit, avant d’éclater en sanglots. La colère se mêlait au chagrin, et elle ne put maîtriser ses émotions. Puis, un peu plus calme, elle récapitule. La femme voilée qui avait sonné à sa porte ce matin était venue lui demander des nouvelles de Sadjia. En fait, elle savait tout d’elle. Elle l’avait suivie et s’était félicitée de l’avoir déposée dans une famille qui l’avait éduquée et assuré son avenir. Maintenant, elle voulait que tout le monde sache la vérité !
-Quelle vérité ?
Faïza avait posé toute tremblante la question, mais la femme s’était contentée de lui adresser un sourire amer, avant de s’éclipser. Qui était-elle donc ?
Elle se relève promptement et ouvre le tiroir de sa commode pour retirer le pli jauni, trouvé des années plus tôt dans le carton de la petite fille abandonnée au seuil de la maison. Elle le relit, puis le replie et le remet à sa place. Serait-ce la mère de ce bébé qui revient après tout ce temps pour réclamer son enfant ?
Une boule venait de se former sur son plexus. Elle se rallonge et ferme les yeux, comme pour éviter d’être aveuglée par cette réalité qui s’imposait à elle. 
Elle se rappelle qu’il fut un temps où Hichem voulait faire une enquête pour remonter jusqu’aux origines de Sadjia. Mais au bout d’un moment, n’étant tombé sur aucune piste valable, il avait dû abandonner les recherches. Faïza s’essuie les yeux et se relève pour jeter un coup d’œil à sa montre. Il était presque l’heure de dîner, et les hommes devaient être rentrés. Mais elle n’avait pas la force de descendre et d’affronter leurs regards. À son air abattu, ils auraient vite compris que quelque chose n’allait pas.
Elle se lève et passe une serviette mouillée sur ses yeux, puis prend un cachet d’aspirine. La porte de la chambre s’ouvre et Sadjia s’approche d’elle. 
-Tu te sens mieux, maman ?
 

(À  SUIVRE)
Y. H.
y_hananedz@yahoo.fr
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