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A la une / Des Gens et des Faits

16e partie

L’ombre du passé

© Dessin/Ali Kebir

Résumé : Yazid était contraint de renoncer à elles. N’ayant pas trouvé de cabinet où travailler, il s’était tourné vers l’enseignement. Il se donnait à fond. Ses élèves l’aimaient beaucoup. Mais Yazid ne parvenait pas à oublier Mounira et sa mère.

-Tu les as revues ?
-Non. Pourquoi ? Tu saurais quelque chose que j'ignore ?
Sa mère vérifiait parfois qu'ils étaient vraiment seuls avant de répondre.
-Non, mais je m'étais dite qu'elle aurait cherché après toi. 
-Je ne vois pas pourquoi, répondait Yazid. Je ne suis rien pour elle. Rien qu'une personne qui aurait pu la tuer dans cet accident. 
Mais ce que sa mère ne lui avouait pas, c'était que Mounira profitait de ses passages au village pour demander après lui.
Elle s'était même adressée à son père M'hand pour avoir son adresse, et si les propos acerbes qu'il lui avait tenus l'avait choquée, elle n'en montra rien.
Kahina avait été surprise par la suite. M'hand se rendait au quartier où résidait Yazid et découvrit qu'elle travaillait à moins d'un kilomètre de chez lui dans la polyclinique qui avait récemment ouvert. La mère sentait que si le destin insistait encore un peu, les deux jeunes se reverraient et qu'il y avait de fortes chances pour que leur relation reprenne.
Kahina était persuadée que ce n'était qu'une question de temps. Il suffisait seulement à Yazid de tomber malade et de se rendre à la polyclinique pour se faire ausculter, pour renouer avec elle. Elle l’espérait au fond de son cœur, mais les circonstances de leur prochaine rencontre seraient différentes de celles qu’elle avait imaginées. Mais l'essentiel était qu'ils allaient se revoir, que leurs familles le veuillent ou pas. Mounira soupira en ouvrant la porte de son cabinet. Elle grimaça beaucoup plus qu'elle ne sourit à l’agent de sécurité qui venait d'entrer dans la polyclinique. Depuis qu'elle travaillait ici, en plus de soigner les gens du village, elle servait de conseillère matrimoniale ou d'assistance sociale. Il était bientôt huit heures en cette journée d'hiver. 
Habituellement, elle arrivait plus tôt, car les malades venaient de loin, l’attendaient avant l’ouverture du cabinet. Ce jour-là était programmé un examen médical à des collégiens. Les infirmières lui tinrent compagnie le temps qu’ils arrivent. La journée fut chargée. Elle n’eut pas une seconde pour se reposer.
À la pause de midi, elle regagna sa Fiat bleue, garée non loin de la polyclinique. Tout en s'approchant, Mounira fouillait dans la poche de son manteau à la recherche de ses clés. Puis elle s'arrêta devant sa voiture et se pencha en avant pour déverrouiller la portière. Elle constata avec étonnement que celle-ci était déjà ouverte. Elle était certaine de l'avoir fermée en partant. 
Renonçant à élucider ce mystère, elle jeta sa mallette sur la banquette arrière et se glissa au volant. Puis elle contempla d'un regard absent les fils qui pendaient, à demi-arrachés, du tableau de bord. Brusquement, elle comprit. Une énorme bouffée de colère l'envahit. Les voyous du quartier étaient passés à l'acte. Elle n'était ici que depuis quelques semaines. Ils l’avaient vite repérée. Ils avaient attendu trois semaines pour passer à l’acte. C'était généreux de la part de voyous. Mais ils auraient pu lui voler la voiture. Qu'est-ce qu'un autoradio par rapport à une Fiat flambant neuf ? 
 

(À SUIVRE)
T. M. 
taosmhand@yahoo.com
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