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A la une / Des Gens et des Faits

17e partie

L’ombre du passé

© Dessin/Ali Kebir

Résumé : Ce que Kahina ne dit pas à son fils, c’est que Mounira avait cherché après lui. Elle travaille à la polyclinique du village. Il suffira de peu pour qu’ils se retrouvent…

D'un geste rageur, elle mit le contact puis démarra. Elle en avait par-dessus la tête de ce village et de ses habitants. Tout lui paraissait hostile. Elle  faisait  vraiment son métier et ils osaient la voler ! Elle n'était ici que depuis trois semaines et elle regrettait déjà son choix. Pourquoi Boumerdès et pas Alger ? Tout ça pour avoir plus de chance de revoir Yazid ! Une affaire de cœur. Eh oui, si Mounira se trouvait ici, c'était dans le fol espoir de le revoir. Rien que ça. À cause de lui, elle s'était fait voler son autoradio. Un peu plus, ça aurait été sa voiture !
-Du calme Mouni ! murmura-t-elle. Inutile d'endosser les problèmes aux autres ! se reprocha-t-elle tout haut. Dans toutes les villes, dans tous les quartiers, tu peux te faire voler ! Les voyous n'existent pas que dans les villages ! À Boumerdès ou ailleurs ! Un peu de bon sens, qui a idée de mettre un autoradio dans sa voiture ? De le laisser à l’intérieur?
Comment avait-elle pu être aussi stupide pour ne pas comprendre que ces jeunes au chômage seraient heureux de profiter de l'occasion donnée pour voler et se faire un peu d'argent ?
Toute à ses pensées, elle ne vit pas la silhouette minuscule de l'enfant jouant au ballon s'élancer pour le rattraper, en courant vers la chaussée. Et tout à coup il fut là, juste devant elle, à quelques mètres de son pare-choc...
Horrifiée, Mounira écrasa de toutes ses forces la pédale de frein tandis qu'elle donnait un coup de volant désespéré pour l'éviter.
Dans un hurlement de pneus, elle parvint enfin à s'arrêter et sans même prendre le temps de couper le contact, elle bondit hors de sa voiture et courut vers la forme immobile, allongée là-bas, en travers de la route.
-Vous n'y êtes vraiment pour rien, assura une voix d'homme arrivé en même temps qu'elle sur les lieux de l'accident. J'étais là quand Sami s’est jeté sous vos roues !
Le cœur battant à tout rompre, Mounira s'agenouilla auprès de l'enfant et d'une main tremblante chercha son cœur. Un intense soulagement l'envahit. L'enfant était vivant ! 
Le reste se déroula pour elle comme dans une sorte de rêve éveillé. Yazid était là, il agissait, parlait, donnait des ordres même. C'était lui qui avait accouru et qui avait pris la situation en main. Sans perdre une minute, il conduisit l'enfant à l'hôpital ainsi que sa mère qui avait été prévenue par ses voisins. Son père travaillait au sud du pays.
Mounira s'était sentie près de l'évanouissement quand celle-ci avait accouru immédiatement, affolée et en larmes. Tous quatre, ils s'étaient rendus à l'hôpital. Le petit avait déjà repris connaissance.
Mounira expliqua ce qui c'était exactement passé à l'infirmier en insistant sur le fait qu'elle ne l'avait pas touché et qu'il était tombé en essayant d'éviter la voiture. Mais elle craignait à la bosse du front qu'il ait un traumatisme crânien ou une commotion cérébrale. Il avait peut-être heurté la bordure du trottoir. Le choc, ainsi que l'émotion qu'il avait certainement éprouvés en voyant la voiture arriver sur lui étaient probablement à l'origine de sa perte de connaissance. Le médecin urgentiste arriva et ils emmenèrent l’enfant effectuer une radio. On leur demanda d’attendre dans la salle d'attente. Mounira ne put s'empêcher d'éclater en sanglots, elle commençait à perdre son courage, ses forces. Il avait fallu un accident pour se retrouver avec Yazid. Le destin avait vraiment mal choisi son moment. Ce moment devait être si spécial...
 

(À SUIVRE)
T. M. 
taosmhand@yahoo.com
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