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A la une / Des Gens et des Faits

22e partie

L’ombre du passé

© Dessin/Ali Kebir

Résumé : Yazid ne voudrait pas se laisser examiner. Mounira était inquiète. Elle lui fit promettre de voir un médecin plus compétent. Des coups à la porte les surprirent. Elle reconnut la voix du père de Yazid. Décidément, ce n’était pas son jour de chance.

 -Tu as de la visite ?, interrogea M'hand son fils tandis qu'ils pénétraient dans le salon où se trouvait toujours Mounira. Mais c'est... 
Le vieil homme venait de la reconnaître. Embarrassé, Yazid rougit légèrement bien qu'il risquât un coup d'œil vers son père qui poursuivait, s'en prenant à lui, lui reprochant de manquer d'honneur, de ne plus avoir d'amour-propre.
-Que m'avais-tu promis ?
-C'est différent aujourd'hui, murmura le jeune homme. Il y a eu un accident. 
-Non. C'est la même histoire qui recommence, s'écria le père, déçu, indigné. Sa tante, ma marâtre, n'a jamais laissé mon père tranquille. Elle était toujours là à le chercher, à le poursuivre. Quand elle était venue le trouver à la maison, mon père ne lui avait même pas donné son consentement. Elle était venue, lui tendant un piège en ne voulant pas repartir chez elle. Jamais il ne lui avait proposé de fuguer. Sa famille avait menacé de s'en prendre à lui si leur fille ne rentrait pas. C'est la raison qui a poussé les frères à tuer mon pauvre père pour garder leur honneur sauf. Wlidi, leurs filles sont des ensorceleuses, leurs amours tuent. Tu ne seras qu'une victime de plus si tu la laisses encore t'approcher. 
-Elle a fait un accident, dit Yazid. Juste en bas. Elle ne savait plus que faire. Il n’est pas question d’honneur et de sorcellerie. 
Le vieux père eut un geste de la main comme pour dire que c’était du déjà vu pour lui. D'ailleurs il lui expliquait :
-Comme sa tante, elle se servira de toutes les occasions pour t'approcher et t'accrocher. Wlidi, ne me déçois pas et ne tombe pas dans son piège. 
-Ne me dis pas qu'elle aurait tué l'enfant de mes voisins uniquement pour me tendre un piège ? 
-Ooh ! Je vois que ses ficelles se sont déjà serrées autour de toi, constata M'hand, très amer. J'ai tout fait pour te préserver de leur sorcellerie. J'avais chargé tous mes amis pour qu'ils ne lui disent pas où tu résidais. Je t'avais même demandé de ne jamais venir au village. Tout ceci pour me rendre la tâche moins difficile. Mais c'était compter sans ce maudit mektoub qui leur donne encore une fois le pouvoir d'action et d'emprise sur ta personne, sur toi mon fils. J'appréhende le jour où tu me quitteras. Si tu as déjà fait ton choix. 
-Quel choix ?, s’enquit Yazid.
Il regarda son père passer près de Mounira, presque sans la voir. M'hand, les épaules affaissées, s'assit sur le bord du lit en fer. Les yeux larmoyants, il fixait ses mains ouvertes. Sa voix était plus grave quand il parla, chargée de peine, pleine de rancune.
-Je voudrais pouvoir me débarrasser de ces êtres qui pourraient te mener à ta perte, à ta mort. Sache que le jour, l'instant où tu choisiras de continuer à la voir, tu pourras te considérer comme mort. L'histoire passée l'a prouvé. 
 

(À SUIVRE)
T. M.
 taosmhand@yahoo.com
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