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A la une / Des Gens et des Faits

17e partie

Ramdaniet

© Dessin/Ali Kebir

LE PERSIL (1re partie)
C’est vendredi, Ahmed se réveilla au milieu de l’après-midi, la langue pâteuse et les paupières lourdes. Il chercha ses savates et se traîna lourdement jusqu’à la salle de bains. Les traces de la longue veillée étaient bien visibles sur son visage et sa barbe hirsute dénotait de sa négligence à se raser régulièrement depuis le début du mois de jeûne. Il prend une douche, se rase, puis, sa serviette sur ses épaules, il se dirigea au salon, d’où lui parvenaient les éclats de voix de ses deux sœurs et de sa mère, qui commentaient un film égyptien.

- Tiens te voilà, toi, dit sa mère, tu aurais pu continuer à dormir jusqu’à l’heure de l’adhan, comme ça au moins ta journée deviendra nuit et vice-versa…
-Mère … Tu exagères. Je ne veille pas autant que ceux qui ne rentrent chez eux qu’à l’heure de la prière d’el fedjr.
-Oui, tu es sage, toi, j’ai un homme “khmous allih”, c’est lui le pilier de la maison. Si bien que même le marché je dois le faire moi-même, car mon pauvre fils est si fatigué que ses pas ne savent se diriger que vers les cafés.
-Oh, ça va ! Que veux-tu au juste ? Que je fasse les courses ?  Aller va me chercher le panier, je descends voir ce que je pourrais acheter.
-Ta…ta…ta, si je n’avais pas été prévoyante, à cette heure-ci, tu me ramèneras tous les déchets du marché. Quelle idée de prendre son congé durant le mois de Ramadhan pour roupiller ! Bon, fiston, tu vas quand même bouger un peu. Vois donc si tu peux dénicher  un bouquet de persil, je n’en ai presque plus.
-C’est tout ?
-C’est tout. Estime-toi  heureux d’avoir 33 ans, et d’être encore célibataire.
Ahmed hausse ses épaules d’un air impatient et  sort en claquant la porte. Le vent lui fouette le visage au seuil de l’immeuble. Le quartier lui semble bien plus calme que d’habitude… Il glisse ses mains dans les poches de son pantalon  et se met à marcher d’un pas traînant.
Le marché n’était pas très loin. Les vendeurs de diouls, ktaïf et autres pâtes criaient à qui mieux mieux pour liquider les derniers produits. Un peu plus loin, les vendeurs d’herbes terminaient leur journée en proposant les quelques bouquets qui leur restaient. 
 

(À  SUIVRE)
Y. H.
y_hananedz@yahoo.fr
Vos réactions et vos témoignages sont les bienvenus.

 

 

 


 



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