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A la une / Des Gens et des Faits

6e partie

Ramdaniet L’escroc (2e partie et fin)

© Dessin/Ali Kebir

Résumé : Si Lakhdar était commerçant en effets vestimentaires. C’était un homme pieux, qui tentait à faire le bien autour de lui. Un jour, il tombe sur un père de famille qui n’arrivait pas à subvenir aux besoins des siens.


Le vieil homme lui tapote l’épaule.
- Dieu me payera à votre place ! Prenez. C’est un don que je vous fais à l’occasion de l’Aïd. Et soyez certain que c’est de bon cœur.
-Que Dieu vous protège et vous comble de ses biens. Le paradis est fait pour les gens humbles et généreux comme vous.
-Remerciez plutôt le Créateur de m’avoir permis de vous rencontrer, répliquera Si Lakhdar, en retirant sa main que l’homme voulait embrasser. 
- Allez, saha f’tourkom et saha aïdkom !
Quelques jours plus tard, le commerçant qui sillonnait sans cesse les marchés pour les besoins de son commerce se rendit au souk d’une grande ville de l’Est. Il y avait foule certes, mais il fut attiré par un attroupement devant un stand de vêtements. À sa grande surprise, il reconnut le père de famille et les deux enfants auxquels il avait offert des vêtements et qui n’étaient autres que les propriétaires du stand.
Si Lakhdar est stupéfait.
“Sale escroc !, s’exclame-t-il. N’a-t-on pas honte d’initier ses propres enfants à de tels agissements. Mon Dieu, dans quel monde vivons-nous !” 
Puis se reprenant, il décide de donner une bonne leçon à cet indigne père de famille.
“Bon. Voyons un peu à quel prix il propose ces effets acquis par un moyen perfide et aux dépens de sa propre dignité.”
Il s’emmitoufla dans son burnous et toussant d’une voix rauque, il demanda le prix d’un petit complet en jeans suspendu à un cintre au-devant du stand. 
-2000 DA, répondit l’un des enfants. 
-C’est importé, précise son père.
Si Lakhdar est outré. Le complet était de production locale et ne devait pas dépasser 500 DA.
Il s’approcha un peu plus et vérifia la notice du veston. 
“Ce n’est pas possible ! L’étiquette est française ! Quelle escroquerie, mon Dieu ! Je ne pourrais pas me taire devant de tels comportements !” Il se découvre et s’approche de cet indigne père de famille. En le reconnaissant, ce dernier reculera de quelques pas. Si Lakhdar le toise et lance d’une voix où brillait toute sa colère :
-Birgand. Homme sans scrupules. Tu viens demander l’aumône pour escroquer les petites gens. Tu n’as pas honte d’agir de la sorte et pendant le mois de Ramadhan de surcroît. Malheur à toi !
-Mais qui es tu ?, s’écrie l’homme. Je ne te connais pas. 
-Si, tu me connais et trop bien même, l’interrompt Si Lakhdar en brandissant sa canne. 
L’homme écarte les bras et s’adresse aux curieux qui commençaient à former un cercle devant son stand.
-Écoutez. Écoutez. Cet homme n’a pas toute sa raison. Il n’est pas de notre patelin et prétend me connaître. Arrêtez-le. Empêchez-le de s’enfuir. Il veut m’agresser et me voler.
Devant ces propos, Si Lakhdar perdra son calme et assénera plusieurs coups de canne à son adversaire. Deux agents de police arrivèrent et le conduisirent au poste comme un vulgaire vagabond. Il sera relâché vers la fin de journée, après que la victime a consenti à retirer sa plainte, vu qu’on était en plein mois de la rahma. Si Lakhdar rentrera chez lui le cœur lourd et la mine triste. Dire qu’il croyait faire une bonne action. Le voici bien servi !


(Fin)
Y. H. 

 y_hananedz@yahoo.fr
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