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editorial / ACTUALITÉS

Dialogue : Tebboune peut-il aller jusqu’au bout ?

En recevant Abdelaziz Rahabi ce jeudi, le nouveau chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, a sans doute voulu envoyer un message : la proposition de dialogue émise par le pouvoir tient toujours et ne saurait être réduite aux consultations autour de la révision constitutionnelle confiée à un panel d’experts en droit. 

Il s’agirait donc, bel et bien, d’un dialogue politique et, comme tout dialogue politique, son objet serait d’aboutir à un large consensus national. Or, un tel dialogue ne saurait être mené à coups de rencontres bilatérales hebdomadaires entre le chef de l’État et des personnalités politiques, à l’image de celle l’ayant réuni ce jeudi avec l’ex-ministre de la Communication ou encore celle l’ayant vu recevoir, une semaine auparavant, l’ancien chef de gouvernement Ahmed Benbitour. Ces tête-à tête sont sans doute utiles, voire nécessaires, au nouveau locataire du palais d’El-Mouradia pour mieux comprendre “son sujet” avant de tenter d’y apporter les réponses les plus opportunes possibles et de concevoir le mode opératoire le plus convenable à la conduite du vrai dialogue qui n’a pas encore commencé. Car il va falloir bientôt entrer “dans le dur” si l’on veut que le dialogue projeté soit crédible et qu’il réunisse du monde autour de la table de discussions. La crédibilité et le sérieux sont en effet deux critères décisifs auxquels une telle entreprise doit obligatoirement satisfaire, si l’on ne veut pas qu’elle subisse un sort identique à celui de la présidentielle du 12 décembre qui, tout en ayant porté un homme à la tête de l’État, n’a pas cessé d’être perçue comme un coup de force du pouvoir. 
C’est dire que le dialogue à venir devra être pensé, également, comme un acte qui serait, si possible, à même de combler le déficit de légitimité de l’actuel chef de l’État, dû aux modalités et au contexte de son élection. A priori, Abdelmadjid Tebboune n’a donc d’autre choix que celui d’assumer un dialogue vrai et d’aller jusqu’au bout du processus. D’évidence, cela impliquerait un risque pour lui : celui de devoir faire sien le plan de sortie de crise qui en sortira, et cela pourrait être une feuille de route politique consensuelle qui, si elle devait être exécutée, pourrait réduire son mandat à une période de transition, puisque telle est la revendication la plus partagée au sein de la classe politique et de la société civile, mais aussi la plus entendue dans la rue depuis le début du hirak. 
Tebboune peut-il aller jusque-là ? C’est de la réponse à cette question que dépendra la viabilité du dialogue politique envisagé. Son avenir aussi, par voie de conséquence.


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