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editorial / ACTUALITÉS

Le dialogue social pour contourner le hirak ?

Le président de la République Abdelmadjid Tebboune aurait-il effacé de son agenda le projet de dialogue avec le hirak qu’il avait pourtant inscrit parmi ses priorités après sa victoire au scrutin présidentiel du 12 décembre dernier ? La question se pose dès lors que le Conseil des ministres, réuni dimanche, n’en a pas fait cas. Il n’y a même pas fait allusion. 
Vraisemblablement, cela ne procéderait pas d’une omission, preuve en est que, durant cette première prise de contact entre les membres du gouvernement, soin est pris de souligner d’un trait épais la perspective d’une révision profonde de la Constitution. Et lorsque l’on sait que le nouveau locataire du palais d’El-Mouradia veut concrétiser ce chantier à courte, voire à brève échéance, l’on est en droit de supposer qu’il ne ressentirait plus la nécessité de s’investir dans un tel dialogue. Du moins pas prioritairement. Cela d’autant plus que le hirak n’a affiché aucune disposition à prendre langue avec le pouvoir issu d’une élection massivement rejetée par le peuple. à l’évidence, le pouvoir veut contourner le hirak en tentant d’engager le dialogue social, tâche qui serait dévolue au gouvernement. 
Mais le président Tebboune peut-il mener à bien son projet de révision profonde de la loi fondamentale du pays sans avoir amélioré, pour ne pas dire assaini, au préalable la relation pouvoir-hirak ? Pas si sûr, surtout si la mobilisation de rue venait à rester toujours aussi forte, auquel cas, l’organisation d’un référendum constitutionnel ne serait pas sans difficulté. Et par difficulté, on entend d’abord le risque d’un rejet massif du projet de révision de la Constitution. Un rejet, s’il advient, fragilisera davantage le chef de l’État qui, élu avec moins de 40% des suffrages exprimés lors de la présidentielle de décembre, a, en revanche, besoin d’une adhésion populaire massive pour renforcer sa légitimité. Et étant donné que l’opposition démocratique, à savoir les forces du Pacte de l’alternative démocratique (PAD), milite pour un processus constituant, un projet porté également par le hirak qui réclame un changement radical du système, il y a de forts risques que le référendum constitutionnel échoue. Le pouvoir pourrait solliciter le concours des partis islamistes, du moins ceux qui se sont dit prêts à dialoguer. Ils ne lui seraient pas d’un grand secours, car ils ont grandement perdu de leur capacité de mobilisation. 

 


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