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editorial / ACTUALITÉS

Statu quo

Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a nommé jeudi son gouvernement. Il n’a pas trop surpris. Notamment en ce qui concerne le pourvoi des ministères régaliens et de souveraineté à la tête desquels les observateurs ne s’attendaient pas à voir des figures cooptées en dehors de l’aréopage des personnalités qui fréquentent le sérail de fraîche ou de longue date.

Si l’on excepte le département de l’Éducation, revenu à un nouvel arrivé à ce niveau de responsabilité, les cinq portefeuilles de souveraineté, à savoir les Affaires étrangères, l’Intérieur, la Justice, les Finances et l’énergie, ont été octroyés à des ministres qui ont fait déjà leurs classes, sinon leur apprentissage au sein d’un gouvernement. C’est dire que le chef de l’État a préféré la prudence à l’audace révolutionnaire qu’exige la conjoncture politique. Avec un tel choix, il éprouvera certainement de la peine à convaincre de sa volonté à bousculer l’ordre ancien et promouvoir une nouvelle gouvernance.

à moins qu’il soit possible de faire du neuf avec du vieux. La reconduction des ministres du gouvernement des affaires courantes sortant et le rappel d’anciens ministres de Bouteflika – ici, il n’est pas question de leurs compétences – ne préludent pas d’une rupture avec le système, mais s’inscrivent dans le registre de la continuité, pour ne pas dire du statu quo. à cela, le hirak semble s’être éveillé.

Preuve en a été la mobilisation massive, hier, des Algériens à travers le pays pour revendiquer, pour le 46e vendredi de suite, le changement de système. Des Algériens qui ont eu tout le temps de prouver qu’ils savent maintenir le cap sur l’essentiel en toute circonstance.

Conçue par le pouvoir comme une sorte de vente concomitante, la libération jeudi de 76 détenus du hirak, parmi eux le moudjahid Lakhdar Bouregâa, est une manœuvre qui a lamentablement échoué. Les Algériens n’ont pas été dupes au point de lâcher, comme on dit, la proie pour l’ombre. La remise en liberté quasiment au pied levé de prisonniers d’opinion, le jour même où la Présidence allait annoncer la composition du gouvernement, participe, pour nombre d’analystes, d’un calcul politicien visant à noyer ladite annonce dans une ambiance de joie. La joie fut, mais aussi et surtout la lucidité. 


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